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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 09:06

1917-la-r--volution-d-Octobre.jpgIl y a quatre-vingt-dix ans, en novembre 1917, la révolution russe d’octobre* ébranlait le monde. Ce coup d’État marquait l’acte de naissance du premier totalitarisme du XXe siècle : le communisme. Un coup d’État qui, pour être compréhensible, doit être réinséré dans la succession des événements qui ont agité la Russie durant toute l’année 1917.

 

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 17:56
Che-Guevara.jpgIl y a quarante ans, le 9 octobre 1967, Che Guevara était tué par les Boliviens. Ce communiste convaincu est resté, et reste encore, un mythe et un symbole, idole d’une partie de la jeunesse d’hier et d’aujourd’hui. L’image du révolutionnaire luttant contre l’impérialisme américain et pour les faibles. Malheureusement, cette image stéréotypée ne résiste pas à l’examen intégral de son itinéraire : car il fut aussi un criminel, un artisan du régime totalitaire et le responsable du désastre économique cubain.
 
 
  
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 08:57
La peinture romane est caractérisée par le hiératisme. Elle utilise tous les supports : statues, panneaux de bois, murs, enluminures… La variété des supports implique donc une différence de styles dans la mesure où on ne peint pas de la même manière sur du parchemin et sur du bois par exemple.
 
Avant de s’intéresser à l’enluminure et à la peinture sur supports rigides, il convient d’examiner les buts et les fondements de la peinture romane.
 
 
La peinture : un rôle didactique
 
 
La question s’est posée de savoir si on pouvait représenter la religion. En effet, le christianisme a succédé au paganisme. Or, celui-ci était notamment caractérisé par l’adoration d’idoles. Le risque, pour les nouveaux convertis, était qu’ils croient que Dieu se trouvait dans la peinture alors qu’il ne s’agissait que d’une simple représentation.
 
Le pape Grégoire le Grand (590-614) trancha la question en affirmant le rôle didactique de la peinture : « La peinture est pour les illettrés ce que l’écriture est pour ceux qui savent lire » déclara-t-il. Mais les peintures se trouvent souvent dans des manuscrits, non consultés par les analphabètes, ou sont trop hautes dans les églises pour êtres vues. L’aspect didactique n’est pas le seul. La peinture a aussi un objectif ornemental : elle doit faire chatoyer les édifices.
 
La peinture romane, afin de remplir les deux buts que l’on vient de mentionner – didactique et ornemental –, réutilise l’héritage des siècles précédents. Deux tendances se retrouvent en effet dans la peinture romane : l’art paléochrétien et l’art germanique. Le premier consiste en un art didactique. Or, quand on enseigne, il faut simplifier les choses afin qu’elles soient mieux assimilées. Par conséquent, les représentations figurées seront toujours simplifiées. Aucun décor n’est représenté et les détails sont peu nombreux. Les relations entre les personnages ne sont pas suggérées et on préfère représenter ces derniers de face, comme un aide-mémoire.
 
Le second héritage de l’art roman est l’art germanique. Celui-ci se traduit par un art abstrait, non figuratif. Il multiplie les entrelacs et les représentations stylisées de végétaux. C’est donc un art décoratif, ornemental. On saisit bien comment les deux tendances artistiques permettent de remplir les deux grands buts de la peinture romane.
 
 
L’enluminure obéit à des règles précises
 
 
L’enluminure constitue la peinture sur manuscrit. Les images sont subordonnées au texte. Or, la majorité des livres à l’époque romane sont d’ordre religieux. De grand format, ils servent à la lecture collective. Souvent, ce sont des bibles mais il peut aussi s’agir de psautiers. Par conséquent, la peinture romane sur manuscrit est religieuse. Étant donné qu’elles sont subordonnées au texte, les images remplissent la fonction d’articulation entre les parties du texte. Elles se trouvent dans la page de titre, qu’on appelle le frontispice, et dans les lettrines.
 
Lorsque l’image se situe dans le frontispice, elle se trouve dans un cadre rectangulaire, celui de la page. Mais la composition peut varier : parfois on a affaire à une reproduction en pleine page ou alors à deux enluminures superposées qui donnent un effet de miroir. Enfin, la page peut être séparée en bandes superposées afin de former un récit.
 
L’autre cadre de l’enluminure est la lettrine : il s’agit d’une initiale ornée. L’artiste peut se voir à la fois contraint et beaucoup plus libre. Contraint parce qu’il doit respecter la forme de la lettre ; libéré car il n’est plus confronté au cadre imposé par la page. Toujours est-il que souvent, c’est l’auteur du texte qui est représenté un volumen à la main. Ou bien c’est un extrait de l’ouvrage qui est représenté.
 
Le style traduit les deux buts de la peinture romane : orner et enseigner. L’idée étant d’illuminer un texte sacré – le verbe « illuminer » vient du latin illuminare –, l’artiste fait proliférer les couleurs vives pour rendre le manuscrit chatoyant. Les entrelacs figurent des motifs végétaux stylisées : c’est le décor en rinceau et palmettes. Les rinceaux consistent en des tiges de plante stylisées qui s’emmêlent et les palmettes en des feuilles stylisées.
 
L’aspect didactique se manifeste dans l’importante codification de l’enluminure. Celle-ci obéit en effet à des règles très précises afin que l’image puisse avoir une valeur d’enseignement. Ainsi, les artistes possèdent des carnets de modèle pour pouvoir représenter toujours de la même façon selon des conventions précises ce qu’ils veulent. Par exemple, pour symboliser le pli d’un vêtement qui retombe par-dessus la ceinture d’un personnage, l’enlumineur peint un ventre en amande. De même, il existe une grammaire des gestes pour que les images soient compréhensibles tout de suite, sans paroles. Un index horizontal signifie que le personnage se livre à une explication ou une argumentation. Un doigt en diagonale traduit un geste d’autorité, un ordre. Un personnage ouvre les mains : c’est un signe d’acceptation. Les mains croisées sur la poitrine expriment une émotion profonde.
 
 
Un style diversifié
 
 
La peinture sur supports rigides, la peinture murale et sur panneaux de bois comme les parements d’autels notamment, est proche de l’enluminure par certains aspects : la grammaire des gestes, la volonté de faire chatoyer les édifices… En revanche, le didactisme est moins marqué. La peinture située dans les églises utilise des symboles qu’un fidèle de base ne peut pas comprendre sans le biais de la prédication. Par conséquent, la peinture murale jour plus le rôle d’un aide-mémoire.
 
Le style de la peinture murale est diversifié dans la mesure où l’artiste doit s’adapter au support, au relief du mur. Les thèmes sont aussi fonction de l’endroit où ils sont peints. Ainsi, les voûtes en cul-de-four des absides se prêtent à une composition centrée : on y figure donc généralement un Christ ou une vierge Marie en majesté, dans une mandorle [1]. Autour, sont disposés des personnages dont la taille traduit leur importance : par exemple Dieu est représenté plus grand que les apôtres. À Berzé-la-Ville, en Saône-et-Loire, la voûte en cul-de-four du prieuré est ornée d’un « Christ en gloire entouré des douze apôtres » datant du XIIe siècle. Il offre une bonne illustration de ce qu’on vient de dire plus haut.
 
En revanche, les murs des nefs et les voûtes sont plus propices à des images traduisant un récit. À Saint-Savin-sur-Gartempe, dans la Vienne, la voûte de la nef centrale est décorée par des scènes séparées entre elles par des éléments de décor. Les peintures, étant loin des yeux du spectateur, donnent des effets nets et francs, presque caricaturaux. Les visages sont peu expressifs. C’est un art hiératique, caractérisé par l’austérité, voire la sévérité.
 
La peinture murale et l’enluminure ont donc de nombreux points communs – la symbolique, les grands principes de composition notamment – mais elles se différencient par leur style propre : l’enluminure est plus minutieuse et peut donc représenter plus de détails ; la peinture murale, est effectuée en revanche à grands traits.
 
 
 
 
 
[1] Une mandorle est une forme ovale qui entoure le Christ et parfois la Vierge et les saints.
 
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 15:17
Nous publions aujourd’hui un article de réflexion sur la psychanalyse. Une science dont les concepts peuvent être repris par l’histoire. Et qui comporte de grandes similitudes avec cette dernière. Les historiens ne seraient-ils pas, finalement, les psychanalystes de la société ?
 
La psychanalyse, comme notre article de réflexion d’aujourd’hui le révèle [1], peut être objet d’histoire. À ce titre, l’association entre histoire et psychanalyse est assez naturelle. Mais elle peut aller beaucoup plus loin. Car finalement, les historiens ne sont-ils pas, d’une certaine manière, les psychanalystes de la société ? Ne parle-t-on pas, parfois, d’« inconscient collectif » ?
 
D’abord, certains concepts freudiens peuvent être repris par l’historien. La pulsion de mort, par exemple, désigne la volonté de retourner à l’état précédant la vie. En période de crise, comme l’Allemagne l’a connu dans les années 1930, un mécanisme de « régression infantile » [2] peut se déclencher : l’individu éprouve le désir de se fondre totalement dans le corps social, ne plus exister en tant que tel. C’est ce qui concourt à la mise en place des totalitarismes puisque ces derniers sont la négation même de l’individu. Les peuples se comportent alors comme des enfants à la recherche d’un père protecteur : le Führer en Allemagne nazie, le Duce en Italie fasciste, ce furent… les « guides », littéralement. Et Staline fut le (Petit) Père des peuples…
 
D’autre part, la psychanalyse met l’accent sur l’irrationnel, à l’échelle de l’individu bien sûr : actes manqués, lapsus, etc. En histoire, il faut admettre que l’irrationnel est aussi un acteur à part entière. Après tout, au vu des génocides et des crimes de masse qui ont jalonné le XXe siècle, il est difficile de ne pas voir à l’œuvre des folies meurtrières, des passions haineuses.
 
Pour Freud, l’individu connaît des conflits psychiques inconscients qui peuvent donner lieu à des maladies (névrose ou hystérie). En ce qui concerne les sociétés, on retrouve le même phénomène. Le problème pour elles, en effet, réside dans l’équilibre des conflits entre les passions qui les traversent. Là encore, les notions de la psychanalyse sont applicables. Le principe de plaisir désigne l’aspiration à détruire tout obstacle à la recherche du plaisir. Reprenons l’exemple des totalitarismes : Hitler ne visait-il pas le bien-être du peuple allemand en détruisant ceux qu’il considérait comme ses ennemis, les Juifs ? Mais un autre concept freudien intervient alors : le principe de réalité. Celui-ci vise à modifier le principe de plaisir pour qu’il soit conforme aux réalités extérieures. Dans les sociétés démocratiques, ce rôle est rempli, en particulier, par l’intellectuel.
 
Le parallèle entre la psychanalyse et l’histoire ne s’arrête pas là. Si nous abordons cette fois la psychanalyse sous son angle thérapeutique, on trouve des similitudes nombreuses avec l’histoire. Le principal point commun entre les pratiques historique et psychanalytique réside dans l’exploration du passé.
 
Dans ses Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud écrit : « Les monuments dont nous ornons nos grandes villes sont des symboles commémoratifs du même genre. Ainsi, à Londres, vous trouverez devant une des plus grandes gares de la ville, une colonne gothique richement décorée : Charing Cross. Au XIIIe siècle, un des vieux rois Plantagenêt qui faisait transporter à Westminster le corps de la reine Éléonore éleva des croix gothiques à chacune des stations où le cercueil fut posé à terre. Charing Cross est le dernier des monuments qui devait conserver le souvenir de cette marche funèbre. A une autre place de la ville, non loin du London Bridge, vous remarquerez une colonne moderne très haute que l’on appelle "The monument". Elle doit rappeler le souvenir du grand incendie qui, en 1666, éclata tout près de là et détruisit une grande partie de la ville. Ces monuments sont des "symboles commémoratifs" comme les symptômes hystériques. […] Mais que diriez-vous d’un habitant de Londres qui, aujourd’hui encore, s’arrêterait devant le monument du convoi funèbre de la reine Éléonore, au lieu de s’occuper de ses affaires […] ? Ou d’un autre qui pleurerait devant "le monument" la destruction de la ville de ses pères […] ? Les hystériques et autres névrosés se comportent comme les deux Londoniens […] ; ils ne se libèrent pas du passé. » [3]
 
Freud a quasiment fait, en son temps, le rapprochement avec l’histoire, par le biais de l’archéologie. L’analyste, selon lui, travaille comme « l’archéologue qui déterre une demeure détruite ou ensevelie, ou un monument du passé. […] Cependant, de même que l’archéologue, d’après des pans de murs restés debout, reconstruit les parois de l’édifice […], de même l’analyste tire ses conclusions des bribes de souvenirs, des associations et des déclarations actives de l’analysé. » [4]
 
Les psychanalystes cherchent à exhumer ce qui est demeuré enseveli dans l’inconscient du patient. Le refoulement est semblable à l’ensevelissement de ruines que les archéologues doivent mettre à jour et à partir desquelles ils doivent tenter une reconstitution du passé.
 
Le travail de l’historien ressemble à celui de l’analyste dans la mesure où il démarre à partir des traces laissées par le passé. Le psychanalyste, lui, travaille à partir des symptômes qui constituent la trace laissée par un trouble plus ancien survenu dans la vie du patient, ainsi que sur la parole de ce dernier dans le cadre de la cure analytique. Les sources de l’historien sont les archives, les vestiges archéologiques, les images... ; celles du psychanalyste, les libres associations.
 
L’analyse est en quelque sorte une recherche historique… mais à l’échelle de l’individu, du patient, alors que l’historien s’intéresse aux sociétés. Finalement, l’un s’intéresse à l’inconscient individuel, l’autre à l’inconscient collectif. L’histoire, d’après son étymologie, est une « enquête ». Elle est un essai de reconstruction du passé. Le psychanalyste et son patient aussi, enquêtent, puisque, d’après les libres associations, ils doivent retrouver ce qui, dans le passé, fut responsable de la maladie ou du mal-être du patient.
 
La psychanalyse vise donc, tant pour le thérapeute que pour le patient, à plonger dans les archives personnelles de ce dernier. C’est une forme d’étude du passé. Surtout quand on sait que, pour Freud, « l’enfant est le père de l’adulte », c’est-à-dire que l’adulte n’est que le résultat de son développement passé, qui a commencé dès son enfance, qu’il est le fruit d’une évolution qui a pu se révéler complexe, tortueuse, difficile… Une bonne partie des archives personnelles du patient concernent donc son enfance. Or, selon Rousseau, qui peut être considéré comme l’un des précurseurs du freudisme, et d’après l’expression de Jean-Marie Vaysse, « l’enfance est une des clés de l’intelligibilité de l’adulte, une sorte d’archive [souligné par nous] de la condition humaine ». [5] On ne saurait être plus clair.
 
En définitive, un autre point commun apparaît implicitement entre l’histoire et la psychanalyse : le rapport à la mémoire. Le patient reste prisonnier de la mémoire d’un souvenir douloureux et n’arrive pas à avancer. La mémoire est un rapport vécu entre le passé et le présent, elle rapproche du passé. De même, le rôle de l’historien, vis-à-vis des sociétés cette fois, est de précisément mettre une distance entre le passé et le présent par un travail de réflexion afin de libérer les sociétés d’un passé parfois lourd à porter. C’est en ce sens que l’historien est le psychanalyste de la société.
 
 
 
 
 

 
[2] SLAMA, Alain-Gérard, « Historiens, à vos divans ! », in L’Histoire, septembre 2000, n° 246, p. 56.
 
[3] FREUD, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Payot, 1966, pp. 16-17.
 
[4] Cité par AZIZA, Claude, « Freud archéologue », in L’Histoire, septembre 2000, n° 246, p. 48.
 
[5] VAYSSE, Jean-Marie, « Qui a inventé l’inconscient ? », in L’Histoire, septembre 2000, n° 246, p. 45.
 
 
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 15:01
Sigmund Freud est le fondateur de la psychanalyse. En plusieurs étapes, ce neurologue va tenter d’élaborer une science du psychisme organisée autour de l’idée d’inconscient. La psychanalyse, au-delà d’une science, est une véritable révolution : elle remet en cause la vision des Lumières selon laquelle l’homme serait un être totalement libre et rationnel.
 
L’année dernière, l’on commémorait le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Sigmund Freud. À ce nom est attaché la psychanalyse et une nouvelle théorisation de l’inconscient. Même si le freudisme connaît des limites, il n’en reste pas moins que c’est une véritable révolution qu’a déclenché Freud.
 
 
Anna O : troubles de la vision, paralysie du bras, hydrophobie…
 
 
Sigismund Freud naît dans l’actuelle République tchèque le 6 mai 1856 dans une famille juive germanophone. Il est l’aîné d’un second mariage de son père, Jakob, commerçant en laines, avec Amalia, originaire de Vienne. De 1865 à 1872, Sigismund passe ses années de lycée et traduit l’Œdipe roi de Sophocle pour son examen de sortie. Il se lance ensuite, à partir de 1873, dans les études. Après une année à la faculté de philosophie, il se concentre sur la médecine. Il est particulièrement intéressé par la psychiatrie. En 1877, il se lie avec le docteur Josef Breuer. La même année, il change son prénom en « Sigmund ».

Lexique : les mots de la psychanalyse

 

Acte manqué : C’est un « raté » du fonctionnement psychique qui est une des manifestations de l’inconscient.

  

Ça : Dans la seconde topique freudienne, désigne l’inconscient profond.

  

Compulsion de répétition : Processus inconscient qui conduit le sujet à répéter des actes ou des pensées conservant le caractère douloureux de leur première manifestation.

  

 Cure : Elle se définit par son cadre : le divan, sur lequel est allongé le patient, le fauteuil de l’analyste placé derrière, le nombre et la durée des séances.

  

Hystérie : Forme de névrose. Les manifestations des conflits psychiques inconscients qui en sont à l’origine sont spectaculaires (symptômes corporels paroxystiques).

  

Inconscient : Ensemble des processus mentaux qui ne sont pas consciemment pensés.

  

Lapsus : Erreur commise à l’oral ou à l’écrit qui consiste à employer un mot pour un autre. C’est un « raté » du fonctionnement psychique qui renvoie aux motivations inconscientes de son auteur.

  

Libido : Manifestation dynamique de la pulsion sexuelle dans la vie psychique.

  

Libres associations : Procédé par lequel le patient doit exprimer de façon spontanée toutes les pensées qui lui viennent à l’esprit.

  

Moi : Dans la seconde topique freudienne, désigne le moi conscient.

  

Narcissisme : Désigne l’amour d’un individu pour son image.

  

Névrose : Ensemble des symptômes traduisant l’existence d’un conflit psychique dont les racines sont à trouver dans l’histoire, infantile notamment, de l’individu.

  

Œdipe : Complexe identifié par Freud constitué de l’ensemble des désirs amoureux qu’un enfant éprouve à l’égard de ses parents.

  

Principe de plaisir : Premier des deux principes fondamentaux régissant le fonctionnement psychique : il désigne la tendance vers la réduction maximale de toute forme de déplaisir.

  

Principe de réalité : Second des deux principes fondamentaux régissant le fonctionnement psychique : il modifie le principe de plaisir en lui imposant une restructuration afin de l’adapter à la réalité extérieure.

  

Pulsion : Charge énergétique à l’origine de l’activité motrice de l’organisme et du fonctionnement psychique inconscient.

  

Refoulement : Processus qui vise au maintien dans l’inconscient des idées ou représentations liées à des pulsions et pouvant provoquer du déplaisir.

  

Surmoi : Désigne une sorte de voix intérieure qui juge, condamné, récompense ou punit.

  

Transfert : Processus par lequel les désirs inconscients du patient viennent se répéter sur la personne de l’analyste.

  

Trauma : Événement intervenant avec une force telle dans la vie d’un individu que ce dernier se trouve incapable d’y faire face. Le bouleversement produit entraîne des effets pathogènes (atteintes névrotiques ou psychotiques).

 

En 1883, il commence à noter et interpréter ses rêves. Deux ans plus tard, il est nommé chargé d’enseignement en neurologie. La même année, il part à Paris pour assister aux leçons du professeur Jean-Martin Charcot. Ce dernier recourait à la pratique de l’hypnose afin de reproduire des symptômes de l’hystérie* qu’il faisait ensuite disparaître. C’est à cette occasion que Freud suggère l’idée qu’il existerait une action psychique plus forte que la conscience.
 
De retour à Vienne en 1886, Freud présente un mémoire sur l’hystérie masculine qui  est accueilli favorablement par la communauté médicale viennoise. À l’automne, il ouvre un cabinet privé comme médecin spécialiste en neurologie. En 1888, il rend visite, à Nancy, à Hippolyte Bernheim, le maître de l’hypnose. Et à partir de l’année suivante, il pratique la méthode « cathartique », consistant à interroger le patient sous hypnose afin de lui faire revenir à la mémoire les circonstances de la première apparition des symptômes.
 
En 1891, Freud publie une Étude sur l’aphasie, dans lequel il explique qu’il faut rechercher les causes psychologiques d’effets physiologiques. Il a de plus en plus l’intuition que des forces psychiques échappant à toute forme de conscience gouvernent les symptômes hystériques. En 1895, il publie avec Breuer les Études sur l’hystérie. Le symptôme est à la fois la « représentation d’un trouble réprimé » et le substitut de ce trouble. Il est le résultat de la rétention d’un affect et de la transposition d’une quantité d’énergie ordinairement utilisée autrement. Dans cet ouvrage est décrit un cas exemplaire, Anna O.
 
Freud avait eu l’occasion de discuter avec Breuer d’une patiente, connue sous le nom d’Anna O. et qui s’appelait en réalité Bertha Pappenheim. Breuer l’avait traitée en 1881-1882 pour des symptômes tels que des troubles du langage – à certains moments, elle ne parvenait plus à parler sa langue maternelle et utilisait l’anglais pour s’exprimer –, des paralysies du bras, des troubles de la vision ou l’hydrophobie. Grâce à l’hypnose, cette patiente parvenait à évoquer les fantasmes affectifs réprimés qui étaient à l’origine de ces troubles, en particulier au moment où elle s’occupait de son père très malade. Par exemple, ses troubles de la vision s’expliquaient de cette manière : « La malade, les yeux pleins de larmes, était assise auprès du lit de son père, lorsque celui-ci lui demanda tout à coup quelle heure il était. Les larmes l’empêchaient de voir clairement ; elle fit un effort, mit la montre tout près de son œil et le cadran lui apparut très gros […] ; puis elle s’efforça de retenir ses larmes afin que le malade ne les voie pas. » [1] Son hydrophobie quant à elle, lui venait de ce qu’un jour elle avait vu le chien de sa gouvernante boire dans un verre d’eau, ce qui lui inspira un profond sentiment de dégoût qu’elle réprima à l’instant même.
 
Breuer raconte qu’au terme de ce traitement, cette cure par la parole – « talking cure » disait-elle –, les symptômes disparurent définitivement. Dans la réalité, Bertha Pappenheim n’a jamais guéri et n’était pas hystérique. Elle avait été internée dans une clinique par Breuer et ses symptômes ont perduré. Ils ne disparurent que vers la fin des années 1880. Pourtant, Freud, qui savait que la « talking cure » n’avait pas fonctionné, renverra toujours à ce cas en affirmant que la patiente fut guérie grâce à la remémoration et à la verbalisation des souvenirs.
 
 
Le complexe d’Œdipe
 
 
Une étape suivante est franchie quand Freud élabore sa théorie de la séduction. Selon lui, les différents cas de névrose* trouvent tous une origine sexuelle. Mais Breuer émettant des doutes sur cette théorie, les deux hommes rompent en 1896. La même année, Freud emploie le mot « psychoanalyse » dans un article rédigé en français.
 
En réalité, ce ne sont pas les patients de Freud qui lui ont raconté des souvenirs d’attentats sexuels remontant à leur petite enfance. Au contraire, c’est Freud qui leur suggérait cette idée. Freud n’a donc rien « découvert » car les patients n’avaient pas eux-mêmes rapporté d’abus sexuels. En fait, Freud teste ses hypothèses auprès de ses patients et n’est d’ailleurs pas un très bon thérapeute.
 
Freud formule deux hypothèses. D’abord, celle du refoulement* qui consiste au maintien dans l’inconscient d’idées ou de représentations liées à des pulsions. Ce refoulé inconscient se fait connaître, de manière détournée, sous forme de symptômes. La seconde hypothèse est celle de l’existence d’un processus de résistance qui l’amène à utiliser avec ses patients, la méthode des libres associations* lors de la cure*.
 
Les années 1896-1897 sont celles où Freud élabore sa première topique, c’est-à-dire la première représentation de l’appareil psychique. Il distingue le conscient, le préconscient et l’inconscient. En faisant cela, il cherche aussi à creuser la distance et à se détacher de toute référence biologique et physiologique.
 
Mais cette période est aussi celle d’une impasse : Freud réalise que l’idée d’un trauma d’ordre sexuel survenu dans la petite enfance n’est pas recevable : il se rend bien compte que toutes les petites filles ne furent pas violées par leur père. Il « découvre » alors qu’il s’agit en fait de « fantasmes » inconscients.
 
C’est là qu’intervient la sexualité infantile et le complexe d’Œdipe*. Selon Freud, tout être à l’état d’enfance est un « pervers polymorphe ». La masturbation, les excitations sexuelles sont normales. Mais la sexualité ne se limite pas aux parties génitales mais se développe sur d’autres fonctions vitales. C’est seulement devenu adulte que l’individu atteint le stade de la sexualité non objectale, c’est-à-dire qu’il ne se prend plus lui-même comme objet de désir. La sexualité devient, après une évolution progressive, une pulsion* autonome qui provient de la libido*. La normalité de la sexualité dépend des aléas de cette évolution. C’est dans ce cadre que s’inscrit le fameux complexe d’Œdipe.
 
En octobre 1897, Freud écrit une lettre à son ami Wilhelm Fliess dans laquelle il disait : « J’ai trouvé en moi, comme partout ailleurs, des sentiments d’amour envers ma mère ». Aurait-il donc « découvert » le complexe d’Œdipe ? En fait, cette idée selon laquelle les petits garçons éprouveraient un désir sexuel vis-à-vis de leur mère faisait partie des théories élaborées par Fliess. Freud a retrouvé dans sa mémoire des désirs correspondant exactement aux théories de Fliess. Ces souvenirs confirmaient ces dernières et, du coup, Freud généralise ce phénomène à tous les enfants.
 
 
L’autoanalyse, clé de voûte de la psychanalyse
 
 
En octobre et en novembre 1897, Freud se livre à son autoanalyse. Cette dernière deviendra plus tard la clé de voûte de la psychanalyse. En effet, Freud affirmait que pour devenir psychanalyste, il suffisait d’interpréter ses propres rêves, c’est-à-dire d’opérer une autoanalyse. Mais il s’est vite rendu compte que chaque psychanalyste proposait ses propres interprétations, qui ne correspondaient pas forcément aux siennes. En 1912, Jung proposera donc que tout analyste se fasse analyser par un autre analyste. Mais un nouveau problème apparaîtra : Freud deviendra le seul à ne pas avoir été analysé. Ses disciples soutiendront alors que Freud fut le seul à avoir réussi une autoanalyse : le reproche de ne pas avoir été analysé n’aura alors plus lieu d’être.
 
En 1899, dans L’Interprétation des rêves, Freud présente une théorie générale des rêves. Ces derniers constituent « la voie royale de l’accès à l’inconscient ». Le rêve est en effet « l’accomplissement (déguisé) d’un souhait (réprimé) ». Avec cet ouvrage, l’inconscient freudien est né : ce livre jette les fondements d’une science du psychisme humain.
 
En 1901, Freud publie dans une revue savante une série d’articles sous le titre Psychopathologie de la vie quotidienne – le livre sortira en 1904. Freud illustre le rôle de l’inconscient dans les lapsus*, les oublis de noms, les actes manqués*, etc. … Cet ouvrage est prolongé par la publication, en 1905, de Le Mot de l’esprit et ses rapports avec l’inconscient.
 
En 1905, enfin, dans Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud développe ses théories sur les stades de la sexualité infantile et ses répercussions à l’âge adulte. Il évoque la « peur de la castration » chez le garçon et « l’envie du pénis » de la petite fille.
 
Ces trois ouvrages sont des œuvres fondamentales de la psychanalyse. Mais Freud ne s’intéresse pas seulement à la théorie ; il se consacre également à la pratique, en analysant des cas devenus célèbres. Ainsi, en 1905, il analyse le cas Dora (Ida Bauer) grâce auquel il élabore le concept de transfert*. En 1909, il publie l’Analyse d’une phobie d’un garçon de 5 ans, le Petit Hans, et ses Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle, l’« Homme aux Rats », dont la cure fut une réussite.
 
En 1918, sont publiés les Extraits de l’histoire d’une névrose infantile, le cas de l’« Homme aux loups ». Ce dernier était un Russe, Sergius Pankejeff qui avait rêvé qu’il voyait sept loups blancs sur les branches d’un arbre. C’est à partir de ce cas que Freud élabore le concept de la « scène primitive ». Les symptômes dépressifs de Pankejeff étaient dus au fait que vers l’âge d’un an et demi il aurait vu ses parents faire l’amour par derrière à trois reprises.
 
 
Le moi, le ça et le surmoi
 
 
En 1911, Freud remanie ses vues sur les pulsions et expose les deux principes fondamentaux qui, selon lui, régissent le fonctionnement psychique. Le premier d’entre eux est le principe de plaisir* qui vise à réduire le plus possible toutes les formes de déplaisir. Dans le complexe d’Œdipe, cela se traduit par le désir de tuer le père. Mais un second principe est indissociable du premier : le principe de réalité. Ce dernier impose des modifications importantes au principe de plaisir, ces modifications devant permettre à celui-ci d’être adapté à la réalité extérieure. Dans l’exemple du complexe d’Œdipe, l’enfant ne peut pas, dans la réalité, assassiner son père et épouser sa mère et le principe de réalité vise donc à ce qu’il dépasse ce complexe.
 
En 1912, dans Totem et tabou, Freud expose le caractère universel des fondements de la psychanalyse, quelque soit la société considérée. En 1916, il publie ses Leçons d’introduction à la psychanalyse, qui sera traduit en quinze langues.
 
Mais surtout, à partir du début des années 1920, Freud élabore sa deuxième topique. En 1920, il publie Au-delà du principe de plaisir. En 1921, est publié La psychanalyse et les névroses de guerre. Enfin, en 1923, Freud fait paraître Le Moi et le Ça. Comment résumer cette deuxième topique ? Tout d’abord, Freud distingue trois instances organisant la vie psychique : le moi* est le moi conscient ; le ça* désigne l’inconscient profond ; et le surmoi* est une voix intérieure qui juge, condamne, récompense ou punit. À partir de l’observation des rêves liée aux névroses de guerre, Freud décèle un mécanisme qui le pousse à modifier ses conceptions basées sur les seuls principes de plaisir et de réalité dans la mesure où ces derniers n’arrivent pas à en rendre compte. Ce mécanisme s’appelle la compulsion de répétition* de sensations et de souvenirs douloureux. Il faut donc, pour Freud, aller au-delà du principe de plaisir, comme l’indique le titre de l’un de ses ouvrages. Une troisième version de la théorie des pulsions est ainsi élaborée : elle prend en compte l’existence d’une pulsion de mort – « Thanatos » –, à la fois contraire et complémentaire des pulsions de vie – « Eros ». Cette pulsion de mort a pour but essentiel le retour à l’instant initial de la vie, là où la mort l’a précédée. C’est l’« instinct de mort ».
 
 
Remise en cause de la liberté individuelle
 
 
Freud s’attache aussi à transposer ses idées sur la psychanalyse sur le plan de la société tout entière. Il passe donc de l’individu – son psychisme, ses symptômes, etc. – à la collectivité.
 
Dans sa Psychologie des masses, publié en 1921, il développe sa théorie de l’identification. Le guide ou le chef d’une société occupe la position d’idéal du moi. L’armée tient en raison de l’amour des soldats pour leurs généraux et l’Église catholique parce que les fidèles aiment le Christ.
 
En 1927, dans L’avenir d’une illusion, Freud se consacre à l’étude de la religion. Pour lui, les masses, « paresseuses et inintelligentes », voient dans la religion non pas un moyen de satisfaire à un quelconque besoin de spiritualité, mais une manière d’échapper aux difficultés de l’existence, à l’insécurité en retrouvant la situation qu’elles ont vécue dans leur petite enfance : la croyance en Dieu est, finalement, la projection du père.
 
Dans Malaise dans la culture, publié en 1930, Freud livre des conclusions pessimistes. Il réfléchit au devenir de l’humanité et aux réponses, illusoires, qu’elle croit trouver, soit dans la religion – c’est ce qu’il a expliqué dans L’avenir d’une illusion –, soit dans la guerre. Il en arrive à affirmer que les pulsions destructrices l’emporteront fatalement sur les pulsions de vie, ce qui est compréhensible si l’on reprend l’explication freudienne sur l’instinct de mort : ce dernier est le désir de retourner à l’instant précédant la vie…
 
Freud pense ainsi beaucoup à la mort, et ce, dès 1914. Dans son entreprise de construction d’une science, la psychanalyse, il repense ainsi les catégories du Bien et du Mal, affirmant que la barbarie est interne à l’humanité, qu’elle lui est propre, et que, par conséquent, elle est universelle. Sigmund Freud s’inscrit dans la lignée des « Lumières "sombres" » [2] : l’être humain est perfectible, certes, mais la régression dans le Mal est tout à fait possible.
 
Mais c’est d’une autre manière que Freud se démarque radicalement des Lumières. Rappelons-nous : les Lumières se manifestent par la liberté et le triomphe de la raison. [3] Dans l’esprit des Lumières, l’individu est un être libre, et, par conséquent, un être rationnel. Car être libre, c’est d’abord faire usage de sa raison, c’est pouvoir agir consciemment, savoir quel but l’on poursuit lorsque l’on accomplit telle ou telle action. L’individu est maître de soi, donc libre, car il est conscient de soi. Il est autonome et sensé.
 
Or, avec la psychanalyse, Freud remet en cause cette vision d’un être totalement rationnel et libre. Les fantasmes, les rêves, les actes manqués, les lapsus… sont, par définition, des manifestations irrationnelles. Elles sont l’expression de l’inconscient, c’est-à-dire d’une force dont l’homme n’est pas conscient. Ainsi, s’il n’est pas conscient d’une partie de lui-même, l’individu peut-il être totalement libre ? Non. Le surmoi ou les pulsions dirigent aussi notre vie, en partie. Une force supérieure, l’inconscient, échappe à notre contrôle. La psychanalyse constitue donc bien une véritable révolution dans la mesure où elle remet en cause la vision libérale de l’individu comme être libre et rationnel, faisant un usage total de son libre-arbitre.
 
 
 
 
Bibliographie :
PLON, Michel, « Freud et le roman de la psychanalyse », in L’Histoire, n° 246, septembre 2000, pp.36-47.
« Le dossier Freud » (dossier), L’Histoire, n° 309, mai 2006, pp. 35-59.
 
 
 
 

* Voir le lexique.
 
[1] FREUD, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Payot, 1966, p. 15.
 
[2] ROUDINESCO, Élisabeth, « "Personne ne peut nier le génie fondateur de Freud" », in L’Histoire, mai 2006, n° 309, p. 52.
 
 
 
 
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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 07:55
Le Tour de France s’élance de Londres aujourd’hui. Ainsi la Grande Boucle poursuit-elle son ouverture à l’Europe et au monde, à l’heure de la mondialisation… Depuis sa création, cette course n’a cessé de vivre au rythme des époques qu’elle a traversées.
 
Le Tour de France peut être objet d’histoire. Car loin de n’être qu’un événement sportif, il reflète aussi les évolutions de la société et les grands bouleversements qui ont marqué le XXe siècle : nationalismes, guerres, crises politiques, modernisation, mondialisation… Dès ses origines déjà, la Grande Boucle a un côté politique…
 
 
Une course qui doit réveiller les énergies
 
 
En effet, la naissance du Tour de France est en partie liée à l’Affaire Dreyfus. [1] En effet, le journal Le Vélo, organisateur des grands événements sportifs, et notamment des courses cyclistes, prend parti, dans ses articles, en faveur du camp dreyfusard. Son principal annonceur, le comte de Dion, est antidreyfusard et décide donc de fonder son propre journal sportif, l’Auto-Vélo, qui deviendra ensuite L’Auto, publié sur feuille jaune. C’est pour doper ses ventes et ainsi concurrencer Le Vélo que son directeur, Henri Desgrange, sur l’idée d’un de ses journalistes, souhaite organiser une grande course cycliste autour de la France.
 
Et c’est ainsi que le premier Tour de France débute le 1er juillet 1903, à Montgeron. Soixante coureurs prennent le départ. Ils ne sont que vingt-six à l’arrivée, le 20 juillet. Le vainqueur s’appelle Maurice Garin. Le succès est immédiat, et les ventes de L’Auto augmentent considérablement : elles sont multipliées par trois, et son concurrent, Le Vélo, disparaît en novembre 1904. Les coureurs, lors de ce premier Tour, ont parcouru environ 2 500 kilomètres en six étapes : Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Le départ à Montgeron avait été donné devant l’auberge du Réveil-Matin.
 
Car pour Henri Desgrange, il s’agit, avec cette course, de réveiller les énergies. La Grande Boucle a des visées pédagogiques et nationales. Ce parcours tout autour de la France vise à enseigner la géographie et l’histoire de leur pays aux Français, un peu à la manière du Tour de la France par deux enfants de G. Bruno. Le réveil des énergies passe aussi par la régénération physique et morale de la nation, et les cyclistes sont, selon le mot de Desgrange, de « rudes éveilleurs d’énergie ». L’épreuve se lie à la tradition de la campagne, en exposant les valeurs du monde rural : effort, abnégation, régularité…
 
Le Tour de France vise à rassembler les Français et à les réunir autour de la croyance en l’unité du pays. Le contexte, en effet, reflète une France peu unifiée : les divisions profondes liées à l’Affaire Dreyfus [2] et, surtout, un pays amputé depuis 1871 de l’Alsace-Moselle, qui ne rêve que de prendre sa revanche sur l’Allemagne, de reconquérir les territoires perdus. Et comme pour reconquérir symboliquement ces « provinces perdues », Henri Desgrange fait passer l’épreuve cycliste par Metz, en 1907, 1908 et 1910. Enfin, le journal L’Auto, au début de la guerre de 1914-1918, publie un appel de Desgrange aux soldats pour qu’ils en finissent « avec ces imbéciles malfaisants » que sont les Prussiens. Dans un contexte où les nationalismes sont exacerbés, le Tour s’inscrit pleinement dans son temps.
 
La Grande Guerre interrompt l’épreuve pendant quatre ans. Beaucoup de champions cyclistes meurent au combat : Lucien Petit-Breton, vainqueur des éditions 1907 et 1908, François Faber, vainqueur en 1909, ou encore Octave Lapize, victorieux en 1910, sont tués.
 
Le Tour reprend dès 1919. C’est cette année-là qu’est instauré le maillot jaune. Il doit permettre aux spectateurs de pouvoir identifier facilement, dans le peloton, le leader du classement général. La couleur fait référence, bien sûr, au papier sur lequel est imprimé L’Auto.
 
 
Incarnation de la société des loisirs
 
 
L’entre-deux-guerres est une première période de changements pour la course cycliste. En 1930, les équipes de marques sont supprimées et remplacées par des équipes nationales. Cette décision exprime un « pacifisme patriotique » [3] : après s’être déchirées pendant quatre ans, les nations doivent s’entendre et redevenir amies, vivre ensemble, pour éviter une nouvelle boucherie. La caravane publicitaire fait aussi son apparition. L’épreuve dépend des finances des sponsors dont les slogans et les images sont promenés par des voitures tout le long du trajet de chaque étape. Les ventes du journal L’Auto continuent de progresser : 500 000 exemplaires en 1924 ; 850 000 en 1933.
 
Le Tour de France n’échappe donc pas au contexte de l’époque. Et il est parfois le révélateur des crises internationales. Ainsi, lorsque l’Italien Gino Bartali remporte la course en 1938, il est fêté par le régime mussolinien. Deux ans plus tôt, Mussolini avait refusé d’envoyer une équipe italienne sur le Tour afin de protester contre les critiques suscitées par le conflit italo-abyssin.
 
En 1936, la direction de l’épreuve est confiée à Jacques Goddet car Henri Desgrange est affaibli par la maladie. Mais ce dernier trouve tout de même la force de préparer l’édition de 1940… qui n’aura jamais lieu. Desgrange meurt en août.
 
De nouveau, une nouvelle guerre mondiale interrompt la Grande Boucle. Le journal L’Auto ne s’en remettra pas. Il cesse de paraître le 17 août 1944. Jacques Goddet est accusé d’avoir poursuivi la parution du journal, à Paris, sous contrôle allemand, et est impliqué dans la rafle du Vel’ d’Hiv’, vélodrome dont il est le propriétaire. C’était oublier que des journaux de la Résistance furent publiés dans les ateliers de L’Auto, et que Goddet s’était toujours opposé à une reprise de la course sous la botte allemande. L’Auto est remplacé par le journal L’Équipe.
 
Le Tour de France reprend en 1947. Son organisation est confiée au quotidien L’Équipe dirigé par Goddet, et au Parisien libéré, qui appartient au groupe Amaury. Après la Seconde Guerre mondiale, la Grande Boucle enregistre de nouveaux changements, en entrant dans la modernité.
 
D’abord, le Tour de France devient l’une des incarnations de la société des loisirs, du divertissement, du tourisme qui commence à prendre son essor. Elle est aussi un lieu de consommation avec la caravane publicitaire. Dans le contexte des « Trente Glorieuses » et de la prospérité économique, rien d’étonnant à cela. Cette évolution est consacrée par le retour à la formule des équipes de marque en 1962.
 
De plus, les années 1950 sont celles où débute la construction européenne. Ces années-là voient aussi le Tour de France s’ouvrir à l’étranger. L’Italie, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg accueillent des étapes avant même la création, en 1957, de la CEE. Cette ouverture au monde peut se lire aussi comme une première forme de mondialisation. Des champions de nationalité étrangère contribuent à faire connaître le Tour de France au-delà de ses frontières hexagonales : le Belge Eddy Merckx, les Italiens Bartali et Coppi, le Portugais Joaquim Agostinho, l’Espagnol Luis Ocaña… En 1987, le Tour part de Berlin.
 
L’ouverture à l’Europe triomphe en 1992 quand la Grande Boucle traverse sept pays, dont l’Espagne – d’où est donné le départ –, l’Italie et la Belgique. Dans les années 2000, cette ouverture se poursuit. Le prologue a lieu à Luxembourg en 2002 et à Liège en 2004. Le Tour fait étape en Allemagne en 2000. Et cette année, il part de Londres.
 
 
L’ouverture au reste du monde
 
 
Après l’ouverture à l’Europe, c’est celle sur le reste du monde dans les années 1990. La mondialisation est, cette fois, bien en marche. En témoigne ainsi l’extension des nationalités représentées. Ce ne sont plus seulement des Européens de l’ouest qui gagnent – l’Espagnol Miguel Indurain de 1991 à 1995, le Danois Bjarne Riis en 1996, l’Allemand Jan Ullrich en 1997 et l’Italien Marco Pantani en 1998 – mais des Européens de l’Est qui s’illustrent, ainsi que des coureurs d’autres continents.
 
L’un des favoris de l’édition 2007 est un Kazakh, Alexandre Vinokourov, qui a terminé troisième en 2003. Un autre Kazakh, Andreï Kivilev, avait terminé quatrième en 2001.
 
Ainsi, les Etats-Unis sont bien représentés. Greg Lemond remporte l’épreuve trois fois, en 1986, 1989 et 1990. Surtout, Lance Armstrong règne en maître sur le Tour de 1999 à 2005 et donne ainsi un formidable message d’espoir à ceux qui luttent contre le cancer : Armstrong a vaincu, deux ans auparavant, un cancer des testicules dont il n’avait presque aucune chance d’en réchapper…
 
D’autres nationalités extra européennes sont représentées sur la Grande Boucle. On découvre des Australiens, comme Bradeley McGee qui a remporté le prologue en 2003, Baden Cooke, vainqueur du classement par points la même année, ou Robbie McEwen, qui a ramené le maillot vert en 2002 et 2004, des Colombiens comme Luis Herrera, meilleur grimpeur en 1985 et 1987, ou Santiago Botero, meilleur grimpeur en 2000.
 
Mais le Tour de France, à l’image d’autres sports, est touché par le problème du dopage. En 1998, l’affaire Festina a été très médiatisée. D’autres révélations ont concerné la Grande Boucle depuis : Armstrong se serait dopé en 1999 ; Bjarne Riis a avoué, il y a quelques semaines, s’être dopé l’année de sa victoire en 1996 ; l’année dernière, l’affaire Puerto déclenchée en Espagne a contraint les organisateurs du Tour à ne pas laisser prendre le départ aux coureurs impliqués, notamment Ivan Basso et Jan Ullrich. Mais, toujours en 2006, quelques jours après la victoire de Floyd Landis, on annonçait que ce dernier avait fait usage de produits dopants. Cette année, pour la première fois de son histoire, la Grande Boucle n’aura pas de dossard numéro un, conséquence des affaires de dopage.
 
Malgré ces dernières, l’image du Tour ne semble pas avoir souffert. Les spectateurs seront encore nombreux, cette année, à venir voir pédaler les « forçats de la route », selon la belle expression d’Albert Londres.
 
 
 
 
 
Bibliographie :
BŒUF, Jean-Luc et LÉONARD, Yves, « Les forçats du Tour de France », in L’Histoire, juin 2003, n° 277, pp. 66-71.
BŒUF, Jean-Luc et LÉONARD, Yves, La République du Tour de France, Paris, Le Seuil, 2003.
LAGET, Serge, La saga du Tour de France, Paris, Gallimard, « Découvertes », 2003.
 
 
 
 

 
 
[3] L’expression est d’Antoine Prost.
 
 
 
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7 juillet 2007 6 07 /07 /juillet /2007 07:49
L’idée d’Europe n’est pas nouvelle*. Après la première Guerre mondiale, certaines personnes appellent à bâtir une Europe différente de celle instaurée par les traités de paix. Parmi ceux qui formulent des projets européistes à cette époque, un personnage singulier : Richard Coudenhove-Kalergi.

 

Le comte Richard Coudenhove-Kalergi est une personnalité cosmopolite : né à Tokyo en 1894 d’une mère japonaise et d’un père diplomate austro-hongrois originaire d’une noblesse à la fois tchèque, grecque – descendant de la famille des Kalergi – et néerlandaise – descendant de la famille des Coudenhove –, il a été élevé en Bohème allemande puis à Vienne, la capitale cosmopolite de l’empire d’Autriche-Hongrie. Il a des cousins de différentes nationalités, balte, française, italienne et norvégienne. Enfin, il adopte la nationalité tchèque en 1919 puis la nationalité française en 1939. Il est mort en 1972.

 

 

« La Paneurope est une obligation »

 

 

Coudenhove-Kalergi est polyglotte : il parle presque toutes les langues. Coudenhove-Kalergi est donc en quelque sorte un produit austro-hongrois, c’est-à-dire un reflet de l’empire multinational qu’est l’Autriche-Hongrie. Il est issu des milieux intellectuels de cet empire et docteur en philosophie. Après la première guerre mondiale, il se lance dans une carrière de journaliste. Il devient aussi écrivain politique.

 

Il publie en octobre 1923 à Vienne son Das Pan-Europaïsche Manifest (Le Manifeste pan-européen) ou Paneuropa. Ce manifeste est l’un des nombreux ouvrages qui sont publiés sur l’Europe au lendemain de la guerre et qui préconisent de bâtir une Europe sur des bases nouvelles pour assurer la paix sur le continent.

 

Coudenhove-Kalergi lançait ainsi le mouvement paneuropéen. En effet, dans chaque exemplaire vendu figure une carte avec l’adresse de l’auteur ainsi qu’une inscription comme membre de l’Union paneuropéenne. D’ailleurs, à partir de 1924 et en l’espace de trois ans, le comte parvient à créer des sections nationales de cette Union dans un grand nombre d’Etats européens. Un congrès se tient même à Vienne en octobre 1926 : il réunit deux mille représentants de vingt-six pays différents, notamment l’Angleterre. Cette Union paneuropéenne a perduré jusqu’à nos jours, malgré les totalitarismes, les guerres et l’apparition d’autres mouvements européistes. Mais que disait Coudenhove-Kalergi dans son Manifeste ?

 

Dans un premier temps, Coudenhove-Kalergi avance les raisons pour lesquelles une union européenne s’impose. Il s’agit de remédier au déclin de l’hégémonie de l’Europe dans le monde. Ensuite, la dimension continentale des économies oblige à considérer ce qui se passe au-delà de ses propres frontières. D’autre part, une union européenne empêcherait le retour d’une nouvelle guerre nationaliste comme celle de 1914-1918. Elle pourrait aussi faire face à la menace d’une conquête soviétique. La réorganisation économique de l’Europe implique en outre une coopération entre les Etats du continent. Enfin, l’auteur fait référence à la Grèce antique.

 

Dans son texte, le comte offre une conception continentale de l’union européenne. Il rejette en effet la participation de la Grande-Bretagne. Ajouté à son refus de la Russie, le manifeste de Coudenhove-Kalergi pose ainsi le problème des limites de l’Europe.

 

Coudenhove-Kalergi envisage une construction européenne en plusieurs étapes mais dont le moteur principal réside dans les relations franco-allemandes. Cette construction doit se faire, selon lui, en quatre étapes. Il préconise d’abord la réunion d’une conférence paneuropéenne qui déciderait de sa périodicité et qui fonderait un bureau paneuropéen. Ensuite, il souhaite la mise en place d’un traité d’arbitrage entre les Etats membres. Il souhaite également voir se mettre en place une union douanière. Enfin, une confédération européenne doit de mettre en place, dans laquelle tous les États seraient égaux.

 

Richard Coudenhove-Kalergi insiste aussi sur le respect des cultures européennes et sur la protection de toutes les minorités : on retrouve sans doute là l’influence de ses origines multiculturelles. Enfin, il pense que l’Europe ainsi unie doit s’engager dans une coopération avec d’autres groupes d’États. C’est que, pour lui, le monde doit s’organiser en fonction de l’existence de cinq grands empires mondiaux : la Panamérique, l’URSS, l’Empire britannique, la Panasie et la Paneurope.

 

Pour lui, « la Paneurope n’est pas une utopie mais un programme, pas un rêve mais une obligation ». Après les désastres de la guerre et des traités de paix, il faut, écrit-il, que « tous les différends entre nations, confessions ou partis s’effacent ».

 

 

Un choix simpliste : « L’Europe ou la guerre »

 

 

Ce qui frappe surtout dans la conclusion de son Manifeste paneuropéen, c’est le manichéisme et le militantisme qui s’en dégagent. Ainsi, Coudenhove-Kalergi écrit : « Ce n’est qu’en unissant leurs efforts que les paneuropéens […] pourront triompher des antieuropéens ». Et aussi : « Rendez la vue à ceux qui ne sont antieuropéens que par aveuglement. Combattez ceux qui le sont par folie. Anéantissez ceux dont le mobile serait la vanité et la recherche du profit ». Enfin, il répète qu’il faut « lutter pour la Paneurope » et que les « premiers paneuropéens […] sont engagés dans une bataille décisive dont dépend l’avenir du continent ». Il écrit encore : « C’est au combat que je vous appelle, vous qui croyez à la possibilité et à la nécessité des Etats-Unis d’Europe » Si l’auteur utilise l’expression d’« Etats-Unis d’Europe », c’est surtout pour marquer un héritage avec ceux qui, au XIXe siècle, avaient déjà formulé des projets européistes.

 

On le voit, il s’agit du texte d’un militant convaincu, qui est littéralement engagé dans un combat pour la construction d’une Europe. D’ailleurs, il écrit : « Nos armes sont l’information et la propagande » et « Notre moyen s’appelle : propagande, propagande, propagande ! ».

 

Richard Coudenhove-Kalergi verse même dans un certain manichéisme. En effet, il écrit toujours dans sa conclusion : « Obligeons nos contemporains à se décider pour ou contre cette idée [l’Europe] ! » Et il appelle tous les Européens à choisir « entre l’avenir et le passé, l’humanité et l’inhumanité, la conscience et l’aveuglement, la renaissance et la ruine ».

 

Ainsi, dans ce texte manichéen, Richard Coudenhove-Kalergi, en tant que militant convaincu du mouvement paneuropéen, donne le choix d’une manière assez simpliste : en somme, son idée pourrait se résumer à la formule : « l’Europe ou la guerre ».

 

Cependant, il a compris que l’Europe devait être édifiée sur des bases sereines et solides afin de lui réserver un avenir de paix. Et ce choix manichéen – « l’Europe ou la guerre » – a pu inspirer les pères fondateurs de l’Europe. En effet, dans la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, acte de naissance de l’actuelle Union européenne, Jean Monnet n’a-t-il pas écrit : « L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre » ?   

 

  



Aller plus loin :
SAINT-GILLE, Anne-Marie, La Paneurope, Presses Université Paris-Sorbonne, 2004.
VEREECKEN, Franck, La lutte pour les Etats-Unis d’Europe, Richard Coudenhove-Kalergi en exil 1938-1947, Lothian Foundation Press, 1996.

 

 
  

 


 
 
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 11:43
Entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle se déroule dans les pays occidentaux un bouleversement sans précédent dans l’histoire : amélioration des techniques, production de masse, salariat, accroissement du rôle des banques… Le capitalisme prenait un nouveau visage. Mais cette période est aussi caractérisée par l’apparition du prolétariat, des premières lois sociales et des socialismes.
 
 
 
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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 21:50
L’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet est mort le 10 décembre dernier. L’occasion pour nous de faire un retour sur un régime répressif qui a duré dix-sept ans. En allant à l’encontre de quelques idées reçues. LIRE LA SUITE
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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 19:03
Non----une-histoire-officielle.jpgUne proposition de loi visant à punir la négation du génocide arménien est en discussion au Parlement. Encore une fois, l’Etat se permet d’écrire l’histoire. En bafouant les droits de l’homme. La France est en train de glisser insensiblement vers une certaine forme de totalitarisme.
 
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