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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 09:20

 

 


L’une des images qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on évoque la justice du Moyen Age ou d’Ancien Régime est celle de l’accusé soumis à la question, sur un chevalet ou subissant le supplice de l’eau. Si la torture représente effectivement un aspect « barbare », il faut, pour la comprendre, la resituer dans son contexte historico-juridique. Elle n’était, en fait, que la conséquence logique d’un système qui se voulait plus favorable à l’accusé. Donnons-nous donc l’occasion d’analyser cet instrument très particulier de la justice* d’autrefois.


 

 

La torture dans la procédure criminelle d'Ancien Régime

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 14:50

 

 

2010, année de la Russie

 

 


Si « nous, les Russes, en venions à tout perdre, territoires, populations, gouvernement, il nous resterait encore et toujours l’orthodoxie ». Ainsi Soljenitsyne exprimait le fait que la religion orthodoxe est un pilier de l’identité russe. Dans cet article, nous voulons simplement poser les repères de l’histoire de l’Église russe et comprendre en quoi elle est un élément important de la civilisation russe.


 

  

La religion orthodoxe, identité de la RussieLire la suite

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 14:58

 


Des événements survenus récemment ont amené « les » Roms sur le devant de la scène médiatique. « Les » entre guillemets tant le cliché des nomades, accessoirement voleurs pour certains d’entre eux est réducteur : dans le monde, seuls 4 à 5 % des Roms sont nomades... L’actualité nous offre l’occasion de tracer, à gros traits, l’évolution de la présence rom en France depuis le XVe siècle.


 

Les Roms en France un aperçu historiqueSuite aux incident survenus à Saint-Aignan au mois de juillet, où des actes de vandalisme ont eu lieu après la mort d’un Rom qui avait forcé un barrage de gendarmerie, le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé, quelques jours plus tard, la tenue d’une réunion concernant le comportement de certains d’entre eux. L’opposition et différentes associations ont dénoncé une attitude raciste visant à faire des Roms des boucs-émissaires. Nous n’avons aucune opinion à émettre sur ce sujet, mais l’occasion nous est donnée de rappeler l’histoire des Roms en France, ces personnes considérées trop facilement et à tort le plus souvent, comme des « gens du voyage ». Les deux tiers d’entre eux ne sont pas nomades…

 

 

De qui parle-t-on ?

 

 

Tsiganes, Roms, « Gens du voyage », Manouches, Romanichels, Bohémiens, Gitans, Hongrois, et même Égyptiens ! Le vocabulaire utilisé pour les désigner est varié. Dès lors, s’impose l’explication de quelques uns de ces termes. Tsiganes, manouches, Bohémiens, etc. … sont des exonymes, c’est-à-dire des termes utilisés par des personnes extérieures au groupe qu’elles désignent ainsi. Tsiganes est péjoratif dans plusieurs pays. Il vient de la formulation byzantine gens cinganorum, qui a donné Zingari en italien ou Zigeuner en allemand. Les Gitans sont les Roms du sud de la France et de la péninsule Ibérique. Le terme Égyptiens utilisé en France au XVe siècle vient peut-être de la confusion faite à l’époque entre les Roms et des formations militaires venues d’Égypte qui avaient transité dans les Balkans au IVe siècle. On les appelle parfois aussi Bohémiens en référence aux lettres de protection qu’ils reçurent des rois de Bohême. Quant à l’expression « gens du voyage », elle a été inventée par l’administration française pour désigner les personnes pratiquant une activité économique ambulante. Dans les médias et le langage courant, elle sert à désigner les Tsiganes, mais en réalité elle ne s’applique que partiellement à eux.

 

Le terme Rom, lui, est un endonyme. C’est celui que les intéressés eux-mêmes utilisent pour se nommer. En langue romani, il signifie « personne », « homme ». Romanitschels signifie, en langue romani, « peuple tsigane » : c’est ainsi que les Roms se présentaient au XIXe siècle. Pour ces raisons que nous avons évoquées, nous préférerons donc employer le terme de Roms plutôt que celui de Tsiganes.

 

Les origines des Roms sont indiennes. Les causes et les dates du départ de cette population d’Inde sont mal connues. Toujours est-il qu’elle a migré en se séparant en trois groupes distincts : les Domani se sont dirigés vers l’Égypte, le Liban et la Syrie actuels ; les Lomani se sont installés dans les régions arménophones : et les Roms, ont migré en Europe. Ces derniers parlent une langue, le romani, qui est une langue indo-européenne qui se décline en plusieurs dialectes.

 

 

Bien accueillis par les habitants, parrainés par des nobles...

 

 

Les premières mentions des Roms en France, dans les chroniques locales, datent du XVe siècle et parlent de « Bohémiens » ou d’« Égyptiens ». Leur présence est attestée dès 1419 à Mâcon et dès 1427 à Paris. Ils sont bien accueillis par les habitants, en raison notamment des activités économiques qu’ils exercent, le plus souvent musiciens, chaudronniers, vanniers, dresseurs... La chronique du Bourgeois de Paris de 1427 évoque l’arrivée d’une centaine de personnes menées par un « duc de Petite Égypte », des hommes montés sur des chevaux et des femmes marchant pieds nus.

 

Aux XVIe et XVIIe siècles la présence des Roms est renforcée parce qu’ils offrent leurs services aux nobles et aux rois. Ils forment en effet des compagnies d’hommes armés, accompagnés de leurs familles. Les rois François Ier, Henri II et Henri IV accordent des lettres de protection aux capitaines de Bohémiens et à leurs « compagnies de petite Égypte ». Ils peuvent circuler librement dans tout le royaume. Les seigneurs catholiques et protestants font aussi appel à ces mercenaires. L’allégeance à un seigneur est marquée par le parrainage d’un enfant rom. Ainsi, Philippe Hurault, conseiller du roi, et sa fille, deviennent les parrain et marraine, le 2 novembre 1595, d’une certaine Marie, fille de Charles Henry qui est de « nation égyptienne ». Dès cette époque, des familles roms sont implantées en France : les Cavalier, les La Fleur, les Duville…

 

En temps de paix, les Roms ne sont cependant pas si bien acceptés. Plusieurs ordonnances sont rendues contre eux pour les expulser hors du royaume. L’opinion savante voit d’un mauvais œil la proximité, la familiarité même, que les « Bohémiens » ont avec les nobles. Le métier de diseuse de bonne aventure – la fameuse Bohémienne – est quant à lui jugé très défavorablement par l’Église parce qu’il offre l’occasion de manipuler un peuple crédule. Dans l’ensemble, les Roms apparaissent comme un agrégat de gens peu recommandables, de brigands, de vagabonds et de mauvais pauvres.

 

Louis XIV, dans l’idée de pacifier sa noblesse et limiter le vagabondage, prend des décisions à caractère répressif contre les Roms. En 1666, il ordonne que les Bohémiens de sexe masculin soient envoyés aux galères. Surtout, l’ordonnance du 11 juillet 1682 stipule qu’afin de « purger le royaume » de « cette engeance malfaisante », les Bohémiens soient envoyés aux galères et les femmes et leurs enfants à l’hospice. À la fin du XVIIIe siècle, les compagnies de Roms ont été définitivement dispersées.

 

 

Grande vague de migration au XIXe siècle

 

 

Mais les Roms n’ont pas disparu pour autant. Au début du XIXe siècle, on les voit bien intégrés dans l’économie populaire rurale, sans pour autant se fondre complètement dans la population. Ils sont toujours montreurs d’ours, diseuses de bonne aventure, chaudronniers, étameurs, et constituent un truchement important entre le marché urbain et les campagnes les plus reculées. Beaucoup sont de nationalité française. Il faut savoir aussi que, comme partout en Europe, ils ont adopté très tôt la religion dominante, en l’occurrence le catholicisme.

 

Les années 1850 et 1860 voient une seconde grande vague d’immigration. Ces Roms viennent pour beaucoup d’entre eux de Roumanie où, après cinq siècles d’esclavage, ils ont été libérés en 1856, de l’empire austro-hongrois, de Russie et de Pologne où l’ont pratique des politiques tsiganes qui ont pour effet de les refouler, mais aussi d’Allemagne, de Scandinavie et d’Italie. C’est de ce dernier pays d’ailleurs que viennent les ancêtres de la fameuse famille Bouglione. En 1895, un recensement général de tous les « Bohémiens et nomades » est effectué : sur les 40 000 personnes itinérantes recensées, on compte quelques milliers de Roms, français et occidentaux.

 

L’opinion rurale est toutefois méfiante et alimente le soupçon pesant sur les Roms, présentés comme des voleurs, des brigands, des maraudeurs. Le thème du vol d’enfants est même une obsession. Mais à chaque fois qu’une enquête est lancée sur ce sujet, elle se termine le plus souvent par un non-lieu.

 

 

Internés pendant la Seconde Guerre mondiale

 

 

Au début du XXe siècle la multiplication des rapports de gendarmerie, la transmission des informations administratives facilitée par l’usage du télégraphe et les récits publiés dans la presse donnent l’illusion d’un grand nombre de Roms affluant ou vivant en France. Change alors le système de surveillance : du contrôle de la circulation, on passe au fichage des familles. Ainsi, la loi du 16 juillet 1912 adopte un système de fiches fondé sur l’anthropométrie : les « nomades », c’est-à-dire les Bohémiens français, sont enregistrés systématiquement. Dans l’entre-deux-guerres, la réglementation se renforce encore. Cinq documents existent concernant les Roms, en plus de leur carte nationale d’identité. D’abord, un carnet individuel fournissant un signalement anthropométrique. Une notice individuelle, reprenant les mêmes renseignements, ensuite, est gardée par les préfectures. Un carnet collectif est détenu par le chef de groupe ou de famille. Une notice collective est destinée à chaque préfecture. Enfin, un numéro de plaque spécifique est attribué au véhicule. D’autre part, les enfants de 5 à 13 ans doivent aussi avoir une notice particulière. Tous ces papiers doivent être visés par les autorités à chaque déplacement d’une commune à l’autre. Il faut avoir à l’esprit que ces mesures s’appliquent à des Français, c’est-à-dire des personnes payant l’impôt et effectuant leur service militaire en France.

 

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les Roms sont suspectés. Le 6 avril 1940, ils sont placés en résidence surveillée. Puis la France est occupée par les Allemands. Et c’est un ordre allemand qui transforme cette surveillance en internement permanent. En novembre, les Allemands ordonnent l’expulsion des Roms des zones côtières, stratégiques. Des camps d’internement sont ainsi créés en France pour les Roms, dont 90 % d’entre eux sont français. Six mille hommes, femmes et enfants sont ainsi enfermés. Par exemple, dans les pays de la Loire, on peut citer le camp de Montreuil-Bellay. Ensuite, les nazis se désintéressent complètement d’eux. Les Roms internés sont abandonnées de tous, sauf de quelques uns. Les conditions déplorables d’internement ont causé la mort de beaucoup de personnes, notamment des enfants.

 

Le 16 décembre 1942, un décret d’Himmler, Auschwitz Erlass, ordonne l’élimination des Roms de la Grande Allemagne. Or, les départements du Nord et du Pas-de-Calais, dépendants de Bruxelles qui appartient au commandement militaire allemand, sont concernés par ce décret. C’est ainsi que dans ces deux départements, les Roms sont raflés et déportés vers Auschwitz-Birkenau le 15 janvier 1944. À la Libération, les Roms sont peu à peu libérés des camps d’internement : il faut attendre 1946 pour que les derniers en sortent.

 

 

250 000 Roms en France

 

 

Après la guerre, c’est l’indifférence vis-à-vis des Roms qui domine. La réglementation des concernant est assouplie en 1969 : à cette date en effet, le carnet anthropométrique est supprimé et remplacé par un livret de circulation, moins discriminatoire. Des mesure plus positives sont prises encore plus tard comme par exemple la loi Besson de 1990 qui impose aux communes de plus de cinq mille habitants à aménager une aire de stationnement.

 

Aujourd’hui, en France, on dénombre environ 250 000 Roms dont un tiers seulement est nomade, un autre tiers est semi-itinérant et le dernier tiers sédentaire. On est loin du cliché misérabiliste que l’on peut en avoir et du voleur de poules : la majorité est bien intégrée, les enfants suivent une scolarité normale, notamment grâce aux cours par correspondance, et, de ce fait, n’attirent pas l’attention sur eux. Les principales activités économiques dans lesquelles ils exercent sont l’artisanat, la vente d’objets d’occasion et le recyclage, le spectacle de rue entre autres. Cependant, comme la loi les y oblige, ils doivent disposer d’un livret de circulation, même s’ils ne circulent que très peu dans le cadre de leur profession.

 

Le peuple rom, comme partout dans le monde d’ailleurs, a une identité caractérisée par l’absence d’un territoire, une langue commune, des réseaux de solidarité très forts – la famille est l’unité de base et est placée au-dessus de tout – et une histoire commune de persécutions subies. N’oublions pas non plus sa richesse culturelle, que ce soit dans le domaine du spectacle – Django Reinhardt a créé le jazz manouche et le cirque Bouglione est très connu –, de la littérature ou de la peinture.

 

 

 

Chronologie

 

XVe siècle : premières mentions de la présence des Roms en France. Ils sont bien reçus par les habitants.

 XVIe-XVIIe siècles : Les Roms servent de compagnies armées aux nobles et aux rois. Mais en temps de paix, ils sont frappés d’ostracisme et sont victimes de préjugés et de mépris de la part d’une certaine partie de la population.

1666 : Louis XIV ordonne que tous les Roms de sexe masculin soient arrêtés et envoyés aux galères sans procès.

11 juillet 1682 : ordonnance de Louis XIV qui condamne les Bohémiens aux galères et les Bohémiennes et leurs enfants à l’hospice.

Fin XVIIIe siècle : dispersion définitive des compagnies de Roms.

Années 1850-1860 : seconde grande vague de migrations roms en France.

1895 : premier recensement de tous les « Bohémiens et nomades » vivant en France.

16 juillet 1912 : instauration d’un carnet anthropométrique. La surveillance sera encore renforcée par d’autres mesures prises avant et après la Première Guerre mondiale.

6 avril 1940 : les Roms sont placés en résidence surveillée.

4 octobre 1940 : les Allemands ordonnent l’internement des Roms. Des camps sont créés pour les accueillir. Au total, pendant la guerre, ce sont 6 000 personnes qui seront placées dans ces camps.

Novembre 1940 : les Roms sont expulsés des zones côtières par les Allemands.

16 décembre 1942 : par le décret Auschwitz Erlass, Himmler décide de la déportation des Roms hors du territoire du Grand Reich à Auschwitz-Birkenau. En conséquence, ceux situés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sous l’autorité du commandement militaire allemand de Bruxelles, sont déportés.

1946 : les dernières familles roms qui avaient été internées pendant la guerre sont libérées de leurs camps d’internement.

1969 : le carnet anthropométrique instauré en 1912 est supprimé et remplacé par un livret de circulation.

1990 : loi Besson obligeant les communes de plus de 5 000 habitants à la construction d’une aire destinée à accueillir les Roms.

2010 : on compte environ 250 000 Roms en France dont un tiers seulement est nomade.

 

 

 

 

 

 Aller plus loin :

ASSÉO, Henriette, Les Tsiganes, une destinée européenne, Paris, Gallimard, « Découvertes », rééd. 2006.

ASSÉO, Henriette, « L’odyssée des Tsiganes », in Les Collections de l’Histoire, avril 2009, n° 43, pp. 6-15.

ASSÉO, Henriette, « L’autre génocide », in Les Collections de l’Histoire, avril 2009, n° 43, pp. 16-17.

ASSÉO, Henriette, « 10 millions de Roms », in Les Collections de l’Histoire, avril 2009, n° 43, pp. 18-21.

FILHOL, Emmanuel et HUBERT, Marie-Christine (dir.), L’internement des Tsiganes en France, Paris, Perrin, 2009.

HUBERT, Marie-Christine, PESCHANSKI, Denis et PHILIPPON, Emmanuel, Les Tsiganes en France, 1939-1946, contrôle et exclusion, Paris, C.N.R.S., Institut d’Histoire du Temps présent, 1994.

DE VAUX DE FOLETIER, François, Les Tsiganes en France au XIXe siècle, Paris, Lattès, 1981.

 

 

Source de l’illustration.

 

 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:05

  


Les figures serpentines, la recherche du mouvement, l’espace désuni : ce sont quelques unes des caractéristiques du maniérisme, ce courant né au XVIe siècle. Ses représentants s’appellent Michel-Ange, Beccafumi, Cellini, Pontormo ou le Greco. Ils ont travaillé dans une atmosphère faite d’inquiétudes, d’angoisse, d’incertitudes. C’est ce climat qui se retrouve dans les peintures et sculptures maniéristes. Cet article est très modeste : il se veut une approche du maniérisme italien par l’étude de quelques exemples de peintures et de sculptures. 


 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 18:07

 


Le Webzine de l’Histoire se dote d’une nouvelle rubrique, entièrement consacrée à l’histoire de l’art. Voici les raisons qui nous ont poussées à cette nouveauté.


 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:45

 


Le dernier livre de Jacques Le Goff, Le Moyen Age et l’argent*, offre à la fois une très bonne synthèse sur l’argent au Moyen Age et une conclusion étonnante : le capitalisme n’aurait jamais existé au Moyen Age. Sa démarche anthropologique lui permet de justifier son opinion. Puisque les hommes du Moyen Age sont très différents de nous, des étrangers mêmes, il faut éviter le piège de l’anachronisme en essayant d’expliquer les phénomènes économiques médiévaux par le vocabulaire, les conceptions et les événements contemporains. Pourtant, contrairement à ce qu’il affirme avec d’autres historiens, il a existé, au Moyen Age, des mécanismes de marché et une forme d’économie capitaliste.


 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 10:58

     


 Juin 1940 : c’était il y a soixante-dix ans. La France subissait une sévère défaite face aux armées allemandes. Cette débâcle allait entraîner la mort de la IIIe République et l’instauration d’une dictature. Nous avons l’occasion d’aborder cet événement historique en remettant en cause quelques idées reçues. La défaite française n’était pas inévitable, loin de là, d’autant que, côté allemand, la victoire fut obtenue d’extrême justesse. Le blitzkrieg n’a jamais été, pendant la guerre, le succès que l’on imagine. Par ailleurs, les forces alliées ont fait jeu égal avec celles des Allemands, ces dernières n’étant motorisées qu’en minorité. Mais juin 1940, c’est aussi l’appel du général de Gaulle. Juin et juillet 1940 marquent donc aussi la naissance de deux France : celle de l’Etat français, de Vichy, Pétain et de sa dictature et de la collaboration ; et celle des Français libres.


 

 

La défaite de 1940-copie-1Il y a 70 ans, le 22 juin 1940, la France signait l’armistice avec l’Allemagne qui avait remporté une bataille rapide. La défaite française s’explique à la fois par des erreurs monumentales du commandement mais aussi par une très grande audace des Allemands qui ont remporté la victoire de justesse. Cette défaite marquait le début de la fin de la IIIe République… Il y a 70 ans aussi, l’appel du général de Gaulle montrait que des Français refusaient la défaite et étaient prêts à continuer le combat jusqu’à la libération du pays. Juin 1940, ce fut aussi la naissance de la France libre.

 

 

Les ravages du pacifisme

 

 

Replaçons d’abord la bataille de France de mai et juin 1940 dans son contexte historique. À partir de 1934, le rejet par Adolf Hitler de l’ordre européen issu des traités de paix de 1919 et 1920 [1] se traduit par une succession de coups de force, de 1936, date d’occupation de la Rhénanie, à mars 1939, date de l’annexion de la Tchécoslovaquie, en passant par l’Anschluss – le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne – en 1938. La dernière crise, celle qui va aboutir à la Seconde Guerre mondiale, concerne le corridor de Dantzig, en Pologne, qui coupe l’Allemagne en deux. En avril 1939, Hitler revendique ce territoire. Des négociations sont engagées en juillet entre l’Union soviétique et et les Franco-britanniques mais elles butent sur le problème du passage des troupes soviétiques en Pologne et en Roumanie. Le 17 août, Staline accepte la demande par l’Allemagne de conclure un traité de non-agression. Le 23 août, le pacte est signé entre Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères allemand, et Molotov, son homologue russe. Le 1er septembre, la crise prend fin par l’invasion allemande de la Pologne qui marque le premier jour de la Seconde Guerre mondiale.

 

En septembre 1939, sur le plan géopolitique, la France aborde le conflit en position de faiblesse. On vient de le voir, l’alliance entre l’URSS et l’Allemagne permet à cette dernière d’avoir les mains libres à l’ouest, contrairement à ce qui s’était passé pendant la Première Guerre mondiale. La France ne bénéficie donc pas d’une alliance de revers. Par ailleurs, la neutralité de la Belgique et le rapprochement entre l’Italie de Mussolini et l’Allemagne font que les Français ne peuvent compter que sur le soutien de la Grande-Bretagne.

 

Enfin, d’autres éléments sont à prendre en considération pour comprendre la défaite. Les ravages du pacifisme, d’abord, font préférer un rapprochement avec le nazisme plutôt qu’une politique de fermeté : en témoigne la passivité des démocraties, en 1936, quand Hitler remilitarise la Rhénanie avec quelques troupes seulement… La Grande-Bretagne, jusqu’en mars 1939, refuse de répondre par la force aux provocations hitlériennes. Les prises de position idéologiques jouent un grand rôle également : la peur du communisme pousse la droite à dénoncer l’alliance avec l’URSS dans les années 1930. L’opinion se divise entre, d’une part, pacifistes et bellicistes, et, d’autre part, entre anticommunistes et antifascistes. Mais face au dernier coup de force nazi en Pologne et en vertu d’un traité d’alliance avec la Pologne, la France et la Grande-Bretagne doivent entrer en guerre. Le même jour, la France mobilise. Le lendemain, la Chambre vote les crédits de guerre. Le 3, elle déclare la guerre à l’Allemagne. Pourtant, même si le pacifisme des années 1930 a fait des dégâts, dans l’ensemble, l’armée française ne connaît que peu de désertions. En réalité, l’opinion publique est résignée, d’autant plus que le danger n’est pas ressenti comme immédiat puisque l’attaque allemande concerne la Pologne, un pays éloigné. Ceci dit, chez les Allemands, la même résignation existe. Eux aussi se souviennent de la Grande Guerre, eux aussi ont souffert énormément à Verdun. Le journaliste américain William Shirer relate l’abattement sur les visages des Berlinois quand ils apprennent la déclaration de guerre [2].

 

Les premiers mois du conflit entre la France et l’Allemagne se passent sans combats : c’est ce qu’on appelle la « drôle de guerre ». Une offensive symbolique a été lancée en Sarre, constituée de coups de main et de reconnaissances. Mais dès octobre, les troupes sont rétrogradées derrière la ligne Maginot. Par ailleurs, la France et la Grande-Bretagne imposent à l’Allemagne un blocus maritime. Pour affaiblir encore leur ennemi, les deux pays lancent une offensive visant à s’emparer des mines de fer de Suède ou, au moins, à couper la route du fer à l’Allemagne. C’est la campagne de Norvège en avril et mai 1940. La vie politique française est marquée par l’affrontement entre partisans et adversaires de la guerre. Pour les communistes, qui sont aux ordres de Moscou et donc inféodés à une alliée des nazis, la guerre est « impérialiste », il ne faut donc pas y prendre part.

 

Mais la France et son alliée ont les moyens de mener la guerre. Quelles sont, en effet, les forces en présence ? La France et la Grande-Bretagne font jeu égal avec les Allemands. Du côté allié, trois mille chars sont disponibles face aux 2440 allemands. Cent divisions alliées doivent se battre face aux cent-trente cinq divisions allemandes. Au total, cinq millions de Français et un million cinq cent mille Britanniques sont mobilisés contre trois millions cinq cent mille Allemands. En ce qui concerne les forces aériennes, par contre, les Alliés opposent 1450 avions aux 2590 appareils allemands, dont leurs 340 célèbres stukas. Mais les efforts de réarmement déployés par le Front populaire sont réels. La défaite française n’est pas annoncée sur ce plan-là. Quant au réarmement allemand, il s’est heurté à trois problèmes : le risque d’inflation, le manque de matières premières et l’insuffisante coordination de l’économie.

 

La vraie différence ne réside donc pas dans les moyens proprement dits mais dans leur utilisation. Les stratégies sont en effet radicalement différentes. La France donne le primat à la défensive, à la sanctuarisation du territoire national. Pour elle, il ne s’agit pas d’entreprendre une guerre de conquête. De la Suisse jusqu’aux Ardennes, une ligne de fortifications, la ligne Maginot, achevée en 1935, doit contenir l’ennemi en épargnant le plus de vies possibles : il faut éviter une réédition des effroyables massacres de 1914-1918. Par ailleurs, les plans Dyle et Breda prévoient qu’en cas de violation de la neutralité belge – qui était envisagée par l’Etat-major – des troupes françaises se porteront en avant. Enfin, une éventuelle contre-offensive, « le moment venu », préparée à l’abri de la ligne Maginot, n’est pas exclue. Mais le schéma tactique français comporte de sérieuses faiblesses. D’abord, les chars ne sont pas utilisés au mieux puisqu’ils en sont réduits à n’être que des supports à l’infanterie et sont dispersés dans les différentes unités alors qu’ils devraient être concentrés dans des unités spécifiques, comme le colonel de Gaulle l’avait souhaité en 1934 dans son livre Vers l’armée de métier. Ensuite, l’aviation est le parent pauvre de l’armée, cantonnée à un strict rôle d’observation. Par ailleurs, la ligne Maginot laisse un trou béant dans les Ardennes. Enfin, l’instruction des conscrits n’est pas très bonne. Toute la classe militaire était donc nourrie des théories défensives héritées de 1914-1918.

 

Les Allemands, eux, ont une conception tactique radicalement opposée. Ils privilégient l’offensive dans le but de gagner du temps. Néanmoins, il ne s’agit pas d’un blitzkrieg théorisé. Au départ, Hitler pense à rééditer le plan Schlieffen de 1914, c’est-à-dire de déborder les Français en violant la neutralité belge. Mais en janvier 1940, les services secrets alliés apprennent que les Allemands projettent de passer par la Belgique, ce qui pousse l’Allemagne à réviser ses plans. Aussi prête-t-on attention aux idées du général von Manstein. Celui-ci préconise un assaut dans les Ardennes en menant deux attaques : la première doit mener vers l’embouchure de la Somme afin d’envelopper toute l’aile nord ennemie ; la seconde, à partir de Sedan, doit se diriger vers le sud. En même temps, une première offensive devrait être lancée en Belgique pour faire diversion et ainsi attirer et piéger les forces alliées.

 

 

La victoire allemande : un « miracle »

 

 

La bataille commence le 10 mai 1940 avec l’offensive allemande. Deux groupes d’armées ont été constitués. Le groupe d’armées A, commandé par Rundstedt, s’avance vers Sedan à travers la Belgique et le Luxembourg. Le groupe d’armées B, sous les ordres de von Bock, envahit la Belgique et les Pays-Bas. Les aérodromes français du nord, belges et néerlandais sont bombardés. Le 15 mai, les Pays-Bas capitulent. Dès le début de l’attaque, le commandant en chef des forces alliées, le général Gamelin, déclenche les opérations Dyle et Breda qui parviennent à freiner, avec beaucoup de difficultés, l’avance allemande le 14 mai sur la ligne Anvers-Louvain. L’avantage est de bénéficier d’une profondeur stratégique pour une éventuelle contre-attaque. Mais Gamelin commet l’erreur de déplacer la VIIe armée entre Lille et Dunkerque : il trahit ainsi la doctrine française car il va à la rencontre de l’ennemi au lieu de s’en tenir à la défensive. En outre, peu d’unités gardent le secteur des Ardennes : 18 divisions seulement attendent les 45 divisions allemandes.

 

Le 13 mai, les Allemands franchissent la Meuse entre Sedan et Dinant. Le 15, la percée est faite en quelques heures : une brèche de 80 kilomètres a été ouverte par où s’engouffrent les troupes allemandes en direction de la Manche, commandées par Guderian et Rommel. Dans ce mouvement vers Calais, les Allemands effectuent ce que Churchill a appelé un « coup de faucille », c’est-à-dire que les armées alliées au nord sont enveloppées par les Allemands au sud. Ainsi, du 15 au 28, l’aile gauche du dispositif français est détruite. Les Français tentent de réagir mais la VIIe armée s’est avancée trop loin pour manœuvrer, la défense antiaérienne allemande est très efficace et les blindés ainsi que la suprématie aérienne des Allemands annulent tous les efforts des Alliés : lors de la bataille de France, la Royal Air Force perd plus d’appareils que pendant la bataille d’Angleterre… Pourtant, quelques succès ponctuels sont obtenus par les Français. Par exemple, à Montcornet, le colonel de Gaulle parvient à un succès remarquable avec ses blindés, parce qu’il a conscience qu’en utilisant les mêmes armes que l’ennemi, la victoire est possible. À la fin du mois de mai, de Gaulle réalise encore une avance de quatorze kilomètres dans la Somme et fait 500 prisonniers…Mais ces succès sont loin d’être suffisants. Dès le 21 mai, les Allemands sont à Arras. Les 28 et 29 une contre-attaque alliée échoue à Abbeville : l’encerclement des armées du nord est définitif. Le « coup de faucille » a réussi.

 

Des erreurs ont été commises. Nous avons déjà signalé le déplacement de la VIIe armée ainsi que l’inattention portée sur les Ardennes. Ajoutons que, le 13 mai, les 41 000 véhicules du groupe de blindés allemand marchant sur Sedan ont été bloqués dans un embouteillage monstre de 250 kilomètres et que les Alliés n’ont pas bombardé. Il s’agissait pourtant du fer de lance de l’offensive allemande !

 

Weygand, qui a remplacé Gamelin, tente de ressouder le dispositif français mais n’y parvient pas. Pris au piège, 500 000 soldats français et britanniques refluent vers la côte. Ils rembarquent à Dunkerque du 28 mai au 4 juin sous les bombardements allemands. C’est l’opération Dynamo. Les forces françaises sont désormais seules. Un front est reconstitué sur la Somme et l’Aisne mais le rapport de force est très défavorable. Le 5 juin, le groupe d’armées A attaque sur la Somme et enfonce, dès le lendemain, l’aile gauche du front français. L’aile droite recule. Le 9, le groupe d’armées B, à son tour, lance une offensive sur l’Aisne et parvient à effectuer une percée en quarante-huit heures. Dès lors, plus rien n’arrête l’avance des Allemands. Ceux-ci sont à Paris le 14 juin, à Rennes et Nantes le 19, à Brest et Lyon le 20 et à La Rochelle le 22.

 

 La défaite de 1940

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La carte est extraite de L’Histoire, avril 2010, n° 352, p. 53. Les deux flèches vertes principales montrent bien le « coup de faucille » opéré par les armées allemandes.

 

Pourtant, la victoire nazie a été obtenue d’extrême justesse. Ce qu’on a appelé la « guerre-éclair » ou blitzkrieg, n’est pas une tactique très au point. L’expression, d’ailleurs, ne vient pas des Allemands mais d’un journal américain, Time magazine, qui l’a employée pour la première fois en septembre 1939 pour désigner la victoire allemande en Pologne. C’est la propagande nazie qui l’a récupérée. Mais dans l’ensemble, les Allemands s’opposaient à l’aventurisme militaire. Ils ont eux-mêmes été surpris de la victoire sur la France et ont parlé, à cette occasion, de « miracle ». Ce « miracle » était du à la désobéissance de Guderian et Rommel qui, de leur propre initiative, se sont rués sur la Manche à la tête des seuls 10 % mécanisés de l’armée allemande. L’état-major allemand n’avait pas prévu cette action dans le plan initial et l’a jugée risquée, même si, au final, elle a réussi. Ainsi, la victoire allemande contre la France en juin 1940 n’est pas un modèle de réussite du blitzkrieg. D’ailleurs, les autres victoires allemandes entre 1939 et 1941 ont été remportées contre des pays aux dimensions limitées ou aux armées très inférieures à l’armée allemande. Et le seul blitzkrieg planifié en juin 1941 contre l’URSS s’est soldé par un échec… [3]

 

Le bilan de la bataille est lourd. Les pertes françaises, selon les estimations, vont de 50 000 à 90 000 morts. Les Allemands aussi ont payé un tribut relativement lourd : ils comptent 27 000 morts et 18 000 disparus, preuves de la dureté des combats.

 

 

L’armistice signé à Rethondes, comme en 1918

 

 

Dès le 10 mai, la composition du gouvernement avait été modifiée. En particulier, le maréchal Pétain a été appelé à la vice-présidence du Conseil. Deux phases se succèdent. La première, du 12 au 16 juin, voit s’affronter partisans et adversaires de l’armistice. Du 17, quand Pétain remplace à la tête du Conseil Paul Reynaud qui a démissionné, au 22, le processus est lancé. Contre l’arrêt des combats et pour continuer la lutte, le 18, le général de Gaulle lance à un appel depuis Londres à continuer la lutte. L’armistice est signé le 22 juin à Rethondes, dans le wagon même qui avait accueilli l’armistice du 11 novembre 1918. Il entre en vigueur le 25 juin. Trois types de clauses composent la convention d’armistice. D’abord, sur le plan militaire, les forces armées seront démobilisées et désarmées, la flotte devra rester dans les ports et les prisonniers resteront captifs en attendant la conclusion du traité de paix. Ensuite, les clauses stratégiques et politiques prévoient l’occupation des trois cinquièmes du territoire dont toute la façade maritime, à l’exception des côtes méditerranéennes. L’Alsace-Lorraine est annexée au Reich. Les autorités en zone occupée sont invitées à collaborer avec les Allemands. Enfin, en matière économique, l’occupant contrôle les transferts de marchandises et de valeurs et le gouvernement français doit financer l’entretien des troupes d’occupation.

 

Le 18 juin, on l’a vu, de Gaulle a lancé son appel, qui a reçu peu d’écho, malgré son renouvellement le 19 et le 22. Mais en tout cas, il est reconnu par le gouvernement britannique comme « chef des Français libres » le 28 juin. Le 7 août suivant, la Grande-Bretagne accepte l’existence d’une force française autonome, distincte de l’armée britannique.

 

Des signes de rupture apparaissent avec la composition du gouvernement Pétain. Celui-ci appelle notamment l’un de ses proches, Raphaël Alibert, proche de l’Action française. Après l’armistice, Pierre Laval arrive au gouvernement comme ministre d’Etat et vice-président du Conseil. Surtout, Pétain se montre très réservé à l’égard du parlementarisme. Il projette une rénovation nationale. Dans les discours qu’il prononce du 17 juin au 11 juillet, il dénonce notamment « l’esprit de jouissance [qui] l’a emporté sur l’esprit de sacrifice », le désordre social, les tromperies des hommes politiques… Laval, propose, le 29 juin, de voter un texte autorisant la promulgation d’une nouvelle loi constitutionnelle. Le 1er juillet, le gouvernement s’installe à Vichy.

 

Le 4 juillet, Laval présente l’article unique de son projet de réforme de l’Etat. Il stipule ceci : « L’Assemblée nationale donne tous les pouvoirs au gouvernement de la République, sous la signature et l’autorité du maréchal Pétain, président du Conseil, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes la nouvelle constitution de l’Etat français. » Il faut alors convaincre les parlementaires de cette réforme. Du 4 au 9 juillet, Laval travaille à convaincre les parlementaires. Le 9, ceux-ci votent à la quasi-unanimité le principe de la révision. Le lendemain, 570 parlementaires votent les pleins pouvoirs à Pétain et le soin de « réviser les lois constitutionnelles ». Quatre-vingt votent contre. La IIIe République est ainsi mise à mort.

 

 

 

 

 

Aller plus loin :

AZÉMA, Jean-Pierre, 1939-1940. L’année terrible, Paris, Le Seuil, 1990.

AZÉMA, Jean-Pierre, 1940, l’année noire, Paris, Fayard, 2010.

BERL, Emmanuel, La fin de la IIIe République, Paris, Gallimard, 2007 (rééd.).

BLOCH, Marc, L’étrange défaite, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 1990 (rééd.), préface de Stanley Hoffmann (un classique).

FRIESER, Karl-Heinz, Le mythe de la guerre-éclair. La campagne de l’Ouest de 1940, Paris, Belin, 2003.

HORNE, Alistair, Comment perdre une bataille ? France, mai-juin 1940, Paris, Tallandier, « Texto », 2010.

LÉVISSE-TOUZÉ, Christine (dir.), La Campagne de 1940, Paris, Tallandier, 2001.

MICHEL, Henri, La défaite de la France, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1980 (un classique).

QUÉTEL, Claude, L’impardonnable défaite : 1918-1940, Paris, Jean-Claude Lattès, 2010.

ROUSSEL, Éric, Le naufrage. 16 juin 1940, Paris, Gallimard, « Les journées qui ont fait la France », 2009.

VAÏSSE, Maurice (dir.), Mai-juin 1940. Défaite française, victoire allemande sous l’œil des historiens étrangers, Paris, Autrement, 2010 (rééd.), postface de Laurent Henninger (une perspective historiographique).

« France, 1940. Le printemps tragique » (dossier), in L’Histoire, avril 2010, n° 352, pp. 40-99 (on y trouvera de nombreuses photographies inédites provenant de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), ainsi qu’une bibliographie complète pour faire le tour de la question).

 

 

   

 


[1] Cf. Les traités de paix de 1919 : un désastre ?

 

[2] JACKSON, Julian, « Les politiques ont-ils failli ? », in L’Histoire, avril 2010, n° 352, p. 84.

 

[3] « Le blitzkrieg est-il un mythe ? », in L’Histoire, avril 2010, n° 352, pp. 56-57.

 

 

  

Source de l’illustration.

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 12:04

 

 


Le 2 mars 2008 Dmitri Medvedev a été élu président de la Fédération de Russie, succédant ainsi à ce poste à Vladimir Poutine. Entré en fonction le 7 mai suivant, il est le nouveau chef d’un régime autoritaire dans lequel Poutine reste pourtant le numéro un. Cet autoritarisme pousse à se demander si la déstalinisation a vraiment eu lieu. Cet article est la suite et la fin du texte publié en février dernier* : il est consacré à la Russie de Poutine.

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La déstalinisation a-t-elle eu lieu IILire la suite

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:39

 


L’historien de l’économie Jacques Marseille est mort d’un cancer le 4 mars dernier. Auteur de nombreux livres d’histoire – dont sa fameuse thèse sur le divorce entre Empire colonial et capitalisme français – et d’essais, il a beaucoup contribué aux progrès de l’histoire économique. Chroniqueur au Point et à L’Expansion entre autres, il était régulièrement invité dans des émissions de télévision comme C dans l’air sur France 5. Enfin, son parcours politique, qui l’a mené du marxisme au libéralisme, l’a fait abandonner sa philosophie de l’histoire marxiste pour la défense de l’intérêt individuel. 


 

Jacques Marseillee, historien de l'économie et libéral coLe 4 mars dernier l’on apprenait avec tristesse la mort de l’historien de l’économie Jacques Marseille. L’occasion pour nous de retracer, dans les grandes lignes, son parcours.

 

 

Les colonies n’ont pas été une bonne affaire pour la France

 

 

Né dans une famille très modeste le 15 octobre 1945 à Abbeville, il entame sa scolarité chez les jésuites d’Amiens où il reçoit une solide instruction en latin et en grec. Il écrit alors des poèmes, des récits ainsi que des tragédies en vers. Après le baccalauréat, il se lance, en 1963, dans les études d’histoire à la Faculté catholique de Lille où il passe l’agrégation avec succès en 1969. C’est à Lille que Jacques Marseille fait la connaissance de Jean Bouvier, un historien de l’économie réputé, influencé par le marxisme.

 

La fin des années 1960 est aussi pour Jacques Marseille le début de l’engagement, au sein du PCF d’abord. Cette adhésion au marxisme, il l’explique ainsi : « J’avais été marxisé par les curés. Tous enseignaient que l’histoire avait un sens, et s’intéressaient de près aux conditions de production. Il nous semblait que le marxisme soutenait cette fonction de récit propre au genre historique. » [1] L’histoire a une signification profonde – la lutte des classes – et c’est au marxisme de la mettre en lumière…

 

En 1970, Jacques Marseille devient assistant à l’Université de Paris VIII. Sous la direction de Jean Bouvier, il commence sa thèse consacrée aux relations économiques entre la France et son empire colonial. Publiée en 1984 sous le titre Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, elle mettait au jour le fait que les colonies avaient coûté beaucoup plus cher à la France qu’elles ne lui avaient rapporté. En réalité, seule une minorité d’entreprises déclinantes ont trouvé dans la colonisation de quoi survivre. Les colonies n’ont été utiles qu’à un capitalisme archaïque qui refusait les transformations de l’époque.

 

Pendant ses recherches, Marseille voit s’éteindre sa foi dans le communisme. Au départ, il pensait, grâce à sa thèse, pouvoir démontrer la validité des thèses marxistes selon lesquelles le « grand capital » se serait enrichi sous les colonies. Les faits réfutant cette idée, il abandonne le marxisme.

 

 

Le libéralisme conservateur de Jacques Marseille

 

 

Devenu maître de conférence puis professeur d’université, Jacques Marseille succède en 1989 à Jean Bouvier à la chaire d’Histoire économique et sociale fondée à la Sorbonne par Marc Bloch. Il l’occupera jusqu’en 2009. La même année, il fonde l’Association pour le développement de l’histoire économique (ADHE) dont il devient le président.

 

Il se consacre aussi à des activités d’éditeur : il dirige en effet chez Nathan, à partir de 1987, la collection de manuels d’histoire dans lesquels prime son souci de la pédagogie. Chez Larousse et Albin Michel, il dirige les publications en histoire.

 

En 1992, il se fait connaître du grand public avec son ouvrage intitulé Lette ouverte aux Français qui s’usent en travaillant et qui pourraient s’enrichir en dormant dans lequel, en bon libéral, il révélait toutes les recettes légales permettant d’échapper à l’impôt et de mieux « s’enrichir en dormant ». Dès lors, il s’attache à s’adresser au grand public par le truchement des médias – il était un habitué de l’émission quotidienne de France 5 C dans l’air – et en devenant chroniqueur aux Échos, à L’Expansion et au Point. Il était aussi un correspondant de la revue L’Histoire, pour laquelle il a écrit de nombreux articles, et membre du comité de rédaction de la revue Vingtième siècle.

 

Ses prises de position traduisent son libéralisme : « Le libéralisme est et reste un combat pour la tolérance et la liberté. Entré dans le monde comme critique de l’Ancien Régime, de l’absolutisme royal et du pouvoir de coercition d’une Église exclusive, il affirme le droit naturel de l’individu à la liberté » [2] écrivait-il un jour. Sa conception de l’individu libre considéré comme un entrepreneur l’amène à dénoncer le poids excessif de l’Etat dans la société, son déficit colossal, une fonction publique trop importante et un chômage massif structurel. Ayant perdu ses illusions sur le marxisme, il n’était pas de gauche et préférait une droite qui puisse être capable de restaurer une société où chacun aurait ses chances.

 

Ainsi, le libéralisme de Jacques Marseille était un libéralisme conservateur d’abord parce qu’il se reconnaissait dans la droite classique. Mais aussi parce que sa conception de l’Etat fort supposait une forme d’Etat-Providence – il a défendu l’idée de l’instauration d’une allocation universelle mensuelle – et une liberté économique qui se traduit par la liberté d’entreprendre, la maîtrise des dépenses publiques, la baisse des prélèvements notamment. Ses idées lui ont valu une réputation d’affreux « ultralibéral » et de « défenseur des riches » de la part de certains…

 

Cet intellectuel engagé qui a reçu la Légion d’honneur mérite cependant plus que ces qualificatifs caricaturaux. Il est d’abord un historien remarquable qui a beaucoup contribué au développement de l’histoire économique. C’est cet apport à la discipline historique qu’il convient d’apprécier aujourd’hui.

 

 

 

 

 

Ses principaux ouvrages : 

Vive la crise et l’inflation, Hachette, 1983.

Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, Albin Michel, 1984, rééd. Albin Michel, 2005 (Prix des Ambassadeurs 2005).

Le temps des chemins de fer en France, Nathan, 1986.

L’âge d’or de la France coloniale – Éditions Albin Michel, 1986.

La France travaille trop, Albin Michel, 1989.

Lette ouverte aux Français qui s’usent en travaillant et qui pourraient s’enrichir en dormant, Albin Michel, 1992.

Les performances des entreprises françaises au XXe siècle, Le Monde éditions, 1994.

La révolution commerciale en France, du Bon Marché à l’hypermarché, Le Monde éditions, 1997.

Les entreprises agro-alimentaires en France, histoire et performances, Le Monde éditions, 1997.
Puissance et faiblesse de la France industrielle, Le Seuil, 1997.

France, terre de luxe, La Martinière, 1999.

Nouvelle histoire de la France, Perrin, 1999.

Le luxe en France du siècle des Lumières à nos jours, ADHE, 1999.

Créations et créateurs d’entreprises en France de la révolution industrielle à nos jours, ADHE, 2000.

Le Grand Gaspillage, les vrais comptes de l’État, Plon, 2002. 

Histoire des industries culturelles en France (avec Patrick Eveno), ADHE, 2002.

Les Wendel, 1704-2004, Perrin, 2004.

La guerre des deux France, celle qui avance et celle qui freine, Perrin, 2004 (Prix Jean Fourastié 2005).

Françaises, Français, le gout de vivre, 1944-1968 (en collaboration avec Janine Niepce), Imprimerie nationale, 2005.

Du bon usage de la guerre civile en France, Perrin, 2006.

Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007, Perrin, 2007.

L’Oréal 1999-2009, Perrin, 2009.

L’argent des Français. Les chiffres et les mythes, Perrin, 2009.

Pouvez-vous devenir ou rester français ? (avec Jean-Rémy Clausse), Albin Michel, 2010.

 

 

 

 


[1] Cité par Jean-Maurice de Montrémy dans « Hommage à Jacques Marseille », in L’Histoire, avril 2010, n° 352, p. 19.

 

 

[2] Aux sources du libéralisme, les apôtres du progrès humain.

 

 

 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 08:27

Le 2 mars 2008 Dmitri Medvedev a été élu président de la Fédération de Russie, succédant ainsi à ce poste à Vladimir Poutine. Entré en fonction le 7 mai suivant, il est le numéro deux d’un régime autoritaire dans lequel Poutine reste le vrai chef. Cet autoritarisme pousse à se demander si la déstalinisation a vraiment eu lieu. Nous publions ce mois-ci la première partie de notre étude, qui embrasse la période courant de Khrouchtchev à Eltsine.

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