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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 17:51

Les 9 et 10 novembre 1799, Bonaparte prenait le pouvoir par un coup de force. S’il était le résultat de l’ambition personnelle d’un chef militaire, il était surtout, et d’abord, l’aboutissement de l'évolution d’un régime instable, corrompu et incapable de fonctionner sans pratiques illégales.


« Dans les temps de troubles et de factions, les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays et font pencher la balance en faveur du parti qu’ils ont embrassé. Si ce sont des César ou des Cromwell ils s’emparent eux-mêmes de l’autorité. »


Ainsi s’exprimait Robespierre au club des Jacobins en 1792 pour s’opposer, presque seul contre tous, à ce que la France entre en guerre contre les têtes couronnées européennes. Il mettait en garde contre le danger de la prise du pouvoir par un militaire à la faveur de ses victoires et de son prestige personnel, tant que la Révolution n’aurait pas été consolidée. Son analyse s’est révélée juste. Le coup d’Etat de novembre 1799 a offert le pouvoir à un jeune général ambitieux, Napoléon Bonaparte. Il a eu lieu parce que le régime qu’il a détruit, le Directoire, était dans l’incapacité de se stabiliser et de se réformer.


Le Directoire : un régime instable et discrédité


À la chute de Robespierre, en juillet 1794, la France sort de la Terreur. L’objectif des thermidoriens est alors d’arrêter la Révolution. La décision est alors prise d’élaborer une nouvelle Constitution qui est proclamée le 23 septembre 1795 (1er vendémiaire an III). Cette Constitution instaure le régime du Directoire. C’est ce régime qui a existé en France jusqu’en 1799 et qu’a détruit le coup d’Etat de Bonaparte. La nouvelle Constitution instaure d’abord le suffrage censitaire indirect. C’est par ce suffrage que sont désignées les deux chambres du Corps législatif : le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens. Ces deux Conseils sont élus pour trois ans et renouvelés par tiers chaque année. Le pouvoir exécutif appartient à un Directoire de la République – d’où le nom du régime – composé de cinq membres nommés par les Anciens à partir d’une liste dressée par les Cinq-Cents. Ce Directoire est renouvelé tous les ans par cinquième. Ce sont les Directeurs qui nomment aussi les sept ministres du gouvernement. Ces dispositions visent ainsi non seulement à se protéger de l’éventuelle dictature d’une Assemblée toute-puissante mais aussi de celle d’une seule personne. Par ailleurs, l’article 375 stipule : « Aucun des pouvoirs institué par la Constitution n’a le pouvoir de la changer dans son ensemble ni dans aucune de ses parties. » Certes, le titre XIII donnait la possibilité d’une révision mais la mise en pratique de la procédure était tellement stricte que cela revenait à rendre impossible toute modification. Enfin, deux décrets pris les 23 et 31 août 1795, les décrets des deux tiers, stipulent que les deux tiers des futurs membres des deux Conseils devront être choisis parmi les députés de la Convention. C’était une façon de les maintenir au pouvoir et d’écarter la possibilité d’une arrivée d’une majorité de royalistes ou de jacobins.

Mais cette précaution ne sera pas utile. Car aux élections d’avril 1797 les royalistes obtiennent la majorité dans les deux Conseils. C’est par un coup d’Etat que la menace est écartée, avec l’aide de l’armée. En mai 1798, l’élection de jacobins est invalidée par les autorités. Autrement dit, le Directoire est incapable d’assurer son existence sans recours à des pratiques illégales et, dans le cas d’avril 1797, sans recours à la force armée, laquelle devient ainsi une partenaire du pouvoir civil. Rien n’est prévu en cas de conflit entre le Législatif et l’Exécutif. Ces coups de force illustrent bien l’échec constitutionnel du Directoire et la faiblesse de l’assise du régime dans le pays.

À ces difficultés structurelles du Directoire s’ajoutent les problèmes financiers, économiques et militaires. Le déficit de l’Etat est réglé par la banqueroute des deux tiers, qui achève de discréditer le régime dans l’opinion, les difficultés économiques s’expliquent par la crise monétaire, la réquisition des campagnes pour les besoins de l’armée, la rationnement dans les villes, ce qui cause un appauvrissement généralisé et une augmentation du chômage et de la délinquance. Les désertions augmentent en nombre et les hommes appelés à rejoindre l’armée répondent peu présents : par exemple, à l’automne 1798, lors de la levée de 200 000 hommes, moins de la moitié seulement rejoint son corps d’affectation. Les difficultés militaires, à l’extérieur, grandissent, comme en témoigne l’échec de l’expédition d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte. En outre, l’opposition royaliste se réveille en 1799 : une révolte dans le sud-ouest a lieu et la guérilla en Vendée et en Normandie connaissent un nouveau regain. Enfin, la participation électorale aux élections est faible, les personnes se détournent des fêtes civiques organisées par le Directoire et il est difficile de trouver des administrateurs. Le Directoire, rejeté par l’opinion, marqué par la corruption et aux prises avec d’importantes difficultés, est l’objet de tous les doutes sur sa capacité à survivre. C’est la situation idéale pour un coup d’Etat : dans une conjoncture aussi dégradée, l’arrivée au pouvoir d’un homme fort pour sauvegarder les conquêtes de la Révolution s’impose.

Sieyès, l’homme fort du Directoire, devenu directeur en mai 1799, parvient à créer, dans les deux Conseils, un courant qui soit favorable à ses vues, c’est-à-dire à un changement de régime. Or, nous l’avons vu, il est impossible de réviser la Constitution. Il ne reste donc à Sieyès qu’une solution : le coup d’Etat. Il se met alors à la « recherche d’un sabre », c’est-à-dire un appui militaire. Ce « sabre », ce sera Napoléon Bonaparte.

Celui-ci a conquis la gloire lors de la campagne d’Italie de 1796. En effet, ses succès militaire offrent un contraste saisissant avec l’incapacité des hommes du Directoire. Dès cette époque, il pense conquérir le pouvoir. Il écrit :

« Ce que j’ai fait jusqu’ici n’est rien encore. Je ne suis qu’au début de la carrière que je dois parcourir. Croyez-vous que ce soit pour faire la grandeur des avocats du Directoire […] que je triomphe en Italie ? Quelle idée ? Une république de trente millions d’hommes ! » [1]


Dès cette époque donc, Bonaparte songe à un changement de régime. Quand Sieyès se met à chercher son « sabre », Napoléon Bonaparte est justement revenu d’Égypte, le 9 octobre 1799. Il est toujours auréolé de son prestige, malgré l’échec de sa campagne. Il pense comme Sieyès que la France court à sa perte. Les instructions données par Bonaparte au général Menou juste avant son départ d’Égypte sont claires :

« Le Directoire a tout perdu, tout compromis. La France est ballottée entre la guerre étrangère et la guerre civile ; elle est vaincue, humiliée, près de périr. Bonaparte se dévoue, court la chance de la mer pour aller la sauver. S’il arrive, malheur au bavardage de tribune, au tripotage de coterie. Il fera justice de tout. » [2]


Bonaparte pense, comme Sieyès, qu’un coup d’Etat est inévitable. Deux conjurations se préparent : celle de Sieyès et celle de Bonaparte. Les deux vont se fondre par le truchement du frère du général, Lucien Bonaparte, un élu du Conseil des Cinq-Cents. C’est lui qui donne à Sieyès l’idée de faire appel à Napoléon. Chacun y voit son intérêt : Sieyès a trouvé son « sabre » et Bonaparte entend participer au renversement du Directoire pour prendre le pouvoir.


Bonaparte impose ses conditions


Les deux hommes se rencontrent le 30 octobre. Une autre entrevue entre les deux hommes se déroule chez Lucien Bonaparte dans la nuit du 1er au 2 novembre. À cette occasion, des divergences apparaissent entre le directeur et le général, et une mise au point a lieu, en faveur du second. L’idée de Sieyès était de cantonner Bonaparte au rang de simple appui militaire et de lui exposer lors de cet entretien son plan de nouvelle Constitution. Or, le jeune officier ne l’entend pas ainsi : il dit à Sieyès :

« Vous ne pensez sans doute pas présenter à la France une nouvelle Constitution toute faite sans qu’elle ait été discutée posément et article par article. […] Il nous faut donc un gouvernement provisoire qui prenne l’autorité le jour même de la translation [c’est-à-dire du déplacement des Conseils hors de Paris] et une commission législative pour préparer une constitution raisonnable et la proposer à la votation du peuple. […] J’approuve que ce gouvernement soit réduit à trois personnes ; et puisqu’on le juge nécessaire, je consens à être l’un des trois consuls provisoires avec vous et votre collègue Roger Ducos. Quant au gouvernement définitif, c’est autre chose […]. J’appuierai vos décisions ; mais je me réserve de faire partie du pouvoir exécutif ou de préférer le commandement d’une armée. Cela dépendra de ce que vous réglerez. […] Est-ce que vous croyez pouvoir rien faire sans un consulat provisoire ? Quant à moi, sans aller plus loin, je vous déclare qu’en ce cas vous ne devez plus compter sur moi. » [3]


En clair : Sieyès, dont la déception est visible sur son visage, comprend que le général ne compte pas du tout être un simple sabre. Bonaparte impose ses conditions : c’est à prendre ou à laisser. Sieyès cède.

Bonaparte obtient l’appui de Réal, le chef de l’administration et de la police de Paris, des généraux Murat, Sébastiani, Moreau et Lefebvre, ce dernier étant chef de la division militaire de Paris, celui de Fouché, ministre de la Police, et celui de Roger Ducos, l’un des directeurs. En outre, une majorité de députés au Conseil des Anciens est dans le secret. Enfin, Lucien Bonaparte a été élu, le 23 octobre, président des Cinq-Cents.

Le plan retenu est le suivant. Dans un premier temps, provoquer le vide au sein de l’Exécutif, et rendre ainsi la Constitution de l’an III caduque, par la démission d’au moins trois des cinq directeurs : Sieyès, Roger Ducos et Barras. On n’espérait rien des deux autres, Gohier et Moulin, qui étaient farouchement légalistes. Dans un second temps, les Conseils seraient convoqués en dehors de Paris afin d’éviter tout appel des députés au peuple de Paris. Le Corps législatif ainsi réuni devrait entériner la carence de l’Exécutif et organiser la réunion d’une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le rôle de Bonaparte consiste seulement à intimider les Conseils, à faire une démonstration de force. À aucun moment l’armée ne doit intervenir. Le coup d’Etat est prévu pour le 16 brumaire (7 novembre). Mais des retards dans les préparatifs le reportent au 18 (9 novembre).


Brumaire : un autre coup d’Etat


Le 18 brumaire, le Conseil des Anciens est convoqué pour sept heures du matin aux Tuileries. Le président du Conseil donne immédiatement la parole à Cornet, qui annonce aux autres députés qu’un complot jacobin se prépare contre le Directoire et que la situation est critique :

« car, dès que les représentants d’une nation sont menacés dans leurs personnes, dès qu’ils ne jouissent pas dans les délibérations de l’indépendance la plus absolue, dès que les actes qui peuvent émaner d’eux n’en ont pas l’empreinte, il n’y a plus de corps représentatif, il n’y a plus de liberté, il n’y a plus de république. » [4]


Il évoque des « symptômes alarmants », ainsi qu’un risque d’« embrasement général ». Un autre député, Regnier, ajoute que « les brigands audacieux et les scélérats désespérés » se préparent à attaquer la République. Dans leurs propos il ne les évoquent jamais mais leurs allusions sont claires : ce sont les jacobins qui sont visés. En octobre, le journal L’Ami des Lois avait lancé la nouvelle selon laquelle un complot jacobin se tramait dans Paris. La justification du coup d’Etat était ainsi toute trouvée.

Car c’est en prenant prétexte de cette menace jacobine que Regnier propose de transférer le Corps législatif hors de Paris, dans une commune proche, Saint-Cloud, pour le mettre à l’abri. Il argumente :

« Mis à l’abri des surprises et des coups de main, vous pourrez, dans le calme et la sécurité, aviser aux moyens de faire disparaître les périls actuels et d’en détruire encore les causes pour l’avenir. » [5]


La majorité des Anciens vote le décret qui autorise un transfert du Corps législatif à Saint-Cloud. Là, les Conseils seront protégés par les troupes placées sous le commandement de Bonaparte qui devra ainsi veiller à la sécurité des Assemblées. Celui-ci se rend alors aux Tuileries où il fait un discours devant les Anciens :

« Citoyens représentants, la République périssait ; vous l’avez su, et votre décret vient de la sauver. Malheur à ceux qui voudraient le trouble et le désordre ! Je les arrêterai, aidé du général Lefebvre, du général Berthier et de tous mes compagnons d’armes.
[…]
Votre sagesse a rendu ce décret ; nos bras sauront l’exécuter. Nous voulons une République fondée sur la vraie liberté, sur la liberté civile, sur la représentation nationale ; nous l’aurons… je le jure ; je le jure en mon nom et en celui de mes compagnons d’armes. » [
6]


Le Conseil se sépare peu après, rendez-vous est pris pour le lendemain, à Saint-Cloud. Mais le décret devait être validé par le président du Directoire, Gohier. Ce souci de la légalité, qui a irrité Bonaparte, s’explique par le fait que la Constitution de l’an III n’était pas encore morte et que l’action devait garder toutes les apparences de la légalité. Gohier est convoqué aux Tuileries par Sieyès et Ducos. Il signe le décret mais refuse de démissionner, comme le lui demandent les deux autres directeurs. Finalement, Barras, le cinquième directeur, donne sa démission – une démission accordée en échange d’une coquette somme d’argent. Trois directeurs ayant démissionné, le premier acte du coup de force a été réussi : le vide a été fait dans l’Exécutif.

Mais les événements ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu le lendemain, 19 brumaire. Bonaparte arrive à Saint-Cloud en fin de matinée. Six mille hommes placés sous le commandement de Murat font face aux six cents composant la Garde du Corps législatif. Depuis la veille, les députés ont eu le temps de s’interroger, de s’étonner, et s’inquiètent devant le déploiement des forces à Saint-Cloud.

Le Conseil des Anciens se réunit à partir de quatorze heures. Mais, au lieu de constater la carence de l’Exécutif et de convoquer un gouvernement provisoire, comme prévu selon les plans des conjurés, les députés se perdent en discussions et en interrogations. Alors, Bonaparte commet une erreur. Perdant patience, il se rend dans la galerie d’Apollon où siègent les Anciens pour y accélérer les débats. Il s’adresse ainsi aux députés :

« Représentants du peuple, vous n’êtes point dans des circonstances ordinaires ; vous êtes sur un volcan. Permettez-moi de vous parler avec la franchise d’un soldat, avec celle d’un citoyen zélé pour le bien de son pays […]. J’étais tranquille à Paris lorsque je reçus le décret du Conseil des Anciens qui me parla de ses dangers, de ceux de la République. À l’instant j’appelai, je retrouvai mes frères d’armes, et nous vînmes vous donner notre appui […]. Nos intentions furent pures, désintéressées ; et, pour prix du dévouement que nous vous avons montré hier, aujourd’hui on nous abreuve de calomnies. On parle d’un nouveau César, d’un nouveau Cromwell [7] ; on répand que je veux établir un gouvernement militaire.
[…]
Je vous le jure, représentants du peuple, la patrie n’a pas de plus zélé défenseur que moi : je me dévoue tout entier pour faire exécuter vos ordres. » [
8]


Mais un député, Lenglet, interrompt le général en lui demandant : « Et la Constitution ? » Bonaparte perd alors son sang-froid, et réplique, en bafouillant : « La Constitution ? Vous l’avez violée au 18 Fructidor, vous l’avez violée au 22 Floréal, vous l’avez violée au 30 Prairial. » Et il insiste sur la nécessité de changer la Constitution. Mais de nombreux députés font entendre leurs voix, crient. Bonaparte sort de la salle dans le vacarme et sous les huées.

Il se porte alors dans la salle de l’Orangerie où s’est installé le Conseil des Cinq-Cents. Là, les députés complices du coup d’Etat réclament déjà la formation d’une commission chargée de dresser une nouvelle Constitution. Mais la majorité des députés résiste. Des cris se font entendre : « Point de dictature, à bas les dictateurs ! », « Vive la Constitution ! », « La Constitution ou la mort ! » C’est alors que Bonaparte fait son entrée, suivi par quatre grenadier : tous les regards se portent sur lui. L’indignation se manifeste aussitôt : des hommes armés, ici ? En effet, leur présence était illégale. Des députés se dirigent vers le général, l’entourent, le menacent, l’injurient. Bonaparte est emmené par ses hommes à l’extérieur. Il est pâle.

Alors que la présence des troupes aurait du, selon le scénario prévu, intimider les députés, c’est tout le contraire qui s’est passé : elle a exaspéré les membres du Conseil qui sont alors à deux doigts de mettre Bonaparte hors la loi.

Ce dernier, reprenant ses esprits, est bien décidé à mener le coup d’Etat jusqu’à son terme. Il entend faire appel à la troupe. Le problème tient seulement dans la Garde du Corps législatif : même s’ils sont largement inférieurs en nombre aux hommes de Bonaparte, le général veut éviter un affrontement. Alors, Lucien appelle les six cents grenadiers du Corps législatif : il leur ordonne de mater la minorité de « furieux » qui s’est emparé du Conseil et de « délivrer la majorité des représentants du peuple ». Les députés sont évacués manu militari.

Les Anciens, de leur côté, sont redevenus dociles et votent le remplacement du Directoire par une commission exécutive de trois membres composée de Sieyès, Ducos et Bonaparte. Mais pour donner un aspect de légalité au coup de force, Lucien fait réunir, le soir, une centaine de députés des deux Conseils : la décision de fin d’après-midi prise par les Anciens est d’abord annulée pour qu’elle leur soit proposée, conformément à la procédure, par les Cinq-Cents. Puis, elle est revotée. Cette manière de procéder ne change pourtant rien : les 18 et 19 Brumaire virent un coup d’Etat parlementaire se transformer en coup d’Etat militaire. Car, rappelons-le : selon le plan, l’armée ne devait pas intervenir. Mais c’est parce qu’il a failli échouer, en raison de l’impatience de Bonaparte, que Lucien a fait appel aux troupes.

Deux commissions législatives sont mises en place. Ce sont elles qui vont rédiger la nouvelle Constitution – la Constitution de l’an VIII – qui instaure le Consulat, un régime dont l’Exécutif est fort et le système représentatif affaibli. Ces deux jours de Brumaire an VIII furent ainsi un autre coup d’Etat, dans les deux sens du terme : un coup de force supplémentaire, un énième après ceux que le Directoire avait déjà connus ; mais aussi un coup de force autre, différent, qui ne visait plus à maintenir le régime mais à le détruire et à le remplacer par un autre.





Aller plus loin :
BAINVILLE, Jacques, Le Dix-Huit Brumaire, Paris, Hachette, 1925.
BESSAND-MASSENET, Pierre, Le 18 Brumaire, Paris, Hachette, 1965.
FURET, François et OZOUF, Mona, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, « Champs », 1992.
JESSENNE, Jean-Pierre, Révolution et Empire. 1783-1815, Paris, Hachette, « Carré histoire », 1993.
LEFEBVRE, Georges, La France sous le Directoire, Paris, Éditions sociales, 1977.
LENTZ, Thierry, Le 18 Brumaire, Paris, Jean Picollec, 1997.
OLLIVIER, Albert, Le 18 Brumaire, 9 novembre 1799, Paris, Gallimard, 1959.
TULARD, Le 18 Brumaire. Comment terminer une révolution, Paris, Perrin, 1999.
WORONOFF, Denis, La République bourgeoise de Thermidor à Brumaire. 1794-1799, Paris, Le Seuil, « Points Histoire », 1972.
« La prise du pouvoir par Bonaparte » (dossier), L’Histoire, novembre 1999, pp. 31-55.





[1] Cité par FURET, François, « Dix-Huit Brumaire », in FURET, François et OZOUF, Mona, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, « Champs », 1992, pp. 106-107.

[2] Cité par TULARD, Le 18 Brumaire. Comment terminer une révolution, Paris, Perrin, 1999, p. 58.

[3] Ibid., pp. 90-91.

[4] Ibid., p. 112.

[5] Ibid., p. 112.

[6] Ibid., p. 116.

[7] Les références à Cromwell et César font écho à celles qu’avaient utilisé Robespierre dans son discours de 1792 et dont nous avons cité un extrait en tête de cet article.

[8] Cité par TULARD, Jean, Le 18 Brumaire. Comment…, pp. 131-132.



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Published by Léon Cahlinel - dans Actu
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