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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 15:01
Sigmund Freud est le fondateur de la psychanalyse. En plusieurs étapes, ce neurologue va tenter d’élaborer une science du psychisme organisée autour de l’idée d’inconscient. La psychanalyse, au-delà d’une science, est une véritable révolution : elle remet en cause la vision des Lumières selon laquelle l’homme serait un être totalement libre et rationnel.
 
L’année dernière, l’on commémorait le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Sigmund Freud. À ce nom est attaché la psychanalyse et une nouvelle théorisation de l’inconscient. Même si le freudisme connaît des limites, il n’en reste pas moins que c’est une véritable révolution qu’a déclenché Freud.
 
 
Anna O : troubles de la vision, paralysie du bras, hydrophobie…
 
 
Sigismund Freud naît dans l’actuelle République tchèque le 6 mai 1856 dans une famille juive germanophone. Il est l’aîné d’un second mariage de son père, Jakob, commerçant en laines, avec Amalia, originaire de Vienne. De 1865 à 1872, Sigismund passe ses années de lycée et traduit l’Œdipe roi de Sophocle pour son examen de sortie. Il se lance ensuite, à partir de 1873, dans les études. Après une année à la faculté de philosophie, il se concentre sur la médecine. Il est particulièrement intéressé par la psychiatrie. En 1877, il se lie avec le docteur Josef Breuer. La même année, il change son prénom en « Sigmund ».

Lexique : les mots de la psychanalyse

 

Acte manqué : C’est un « raté » du fonctionnement psychique qui est une des manifestations de l’inconscient.

  

Ça : Dans la seconde topique freudienne, désigne l’inconscient profond.

  

Compulsion de répétition : Processus inconscient qui conduit le sujet à répéter des actes ou des pensées conservant le caractère douloureux de leur première manifestation.

  

 Cure : Elle se définit par son cadre : le divan, sur lequel est allongé le patient, le fauteuil de l’analyste placé derrière, le nombre et la durée des séances.

  

Hystérie : Forme de névrose. Les manifestations des conflits psychiques inconscients qui en sont à l’origine sont spectaculaires (symptômes corporels paroxystiques).

  

Inconscient : Ensemble des processus mentaux qui ne sont pas consciemment pensés.

  

Lapsus : Erreur commise à l’oral ou à l’écrit qui consiste à employer un mot pour un autre. C’est un « raté » du fonctionnement psychique qui renvoie aux motivations inconscientes de son auteur.

  

Libido : Manifestation dynamique de la pulsion sexuelle dans la vie psychique.

  

Libres associations : Procédé par lequel le patient doit exprimer de façon spontanée toutes les pensées qui lui viennent à l’esprit.

  

Moi : Dans la seconde topique freudienne, désigne le moi conscient.

  

Narcissisme : Désigne l’amour d’un individu pour son image.

  

Névrose : Ensemble des symptômes traduisant l’existence d’un conflit psychique dont les racines sont à trouver dans l’histoire, infantile notamment, de l’individu.

  

Œdipe : Complexe identifié par Freud constitué de l’ensemble des désirs amoureux qu’un enfant éprouve à l’égard de ses parents.

  

Principe de plaisir : Premier des deux principes fondamentaux régissant le fonctionnement psychique : il désigne la tendance vers la réduction maximale de toute forme de déplaisir.

  

Principe de réalité : Second des deux principes fondamentaux régissant le fonctionnement psychique : il modifie le principe de plaisir en lui imposant une restructuration afin de l’adapter à la réalité extérieure.

  

Pulsion : Charge énergétique à l’origine de l’activité motrice de l’organisme et du fonctionnement psychique inconscient.

  

Refoulement : Processus qui vise au maintien dans l’inconscient des idées ou représentations liées à des pulsions et pouvant provoquer du déplaisir.

  

Surmoi : Désigne une sorte de voix intérieure qui juge, condamné, récompense ou punit.

  

Transfert : Processus par lequel les désirs inconscients du patient viennent se répéter sur la personne de l’analyste.

  

Trauma : Événement intervenant avec une force telle dans la vie d’un individu que ce dernier se trouve incapable d’y faire face. Le bouleversement produit entraîne des effets pathogènes (atteintes névrotiques ou psychotiques).

 

En 1883, il commence à noter et interpréter ses rêves. Deux ans plus tard, il est nommé chargé d’enseignement en neurologie. La même année, il part à Paris pour assister aux leçons du professeur Jean-Martin Charcot. Ce dernier recourait à la pratique de l’hypnose afin de reproduire des symptômes de l’hystérie* qu’il faisait ensuite disparaître. C’est à cette occasion que Freud suggère l’idée qu’il existerait une action psychique plus forte que la conscience.
 
De retour à Vienne en 1886, Freud présente un mémoire sur l’hystérie masculine qui  est accueilli favorablement par la communauté médicale viennoise. À l’automne, il ouvre un cabinet privé comme médecin spécialiste en neurologie. En 1888, il rend visite, à Nancy, à Hippolyte Bernheim, le maître de l’hypnose. Et à partir de l’année suivante, il pratique la méthode « cathartique », consistant à interroger le patient sous hypnose afin de lui faire revenir à la mémoire les circonstances de la première apparition des symptômes.
 
En 1891, Freud publie une Étude sur l’aphasie, dans lequel il explique qu’il faut rechercher les causes psychologiques d’effets physiologiques. Il a de plus en plus l’intuition que des forces psychiques échappant à toute forme de conscience gouvernent les symptômes hystériques. En 1895, il publie avec Breuer les Études sur l’hystérie. Le symptôme est à la fois la « représentation d’un trouble réprimé » et le substitut de ce trouble. Il est le résultat de la rétention d’un affect et de la transposition d’une quantité d’énergie ordinairement utilisée autrement. Dans cet ouvrage est décrit un cas exemplaire, Anna O.
 
Freud avait eu l’occasion de discuter avec Breuer d’une patiente, connue sous le nom d’Anna O. et qui s’appelait en réalité Bertha Pappenheim. Breuer l’avait traitée en 1881-1882 pour des symptômes tels que des troubles du langage – à certains moments, elle ne parvenait plus à parler sa langue maternelle et utilisait l’anglais pour s’exprimer –, des paralysies du bras, des troubles de la vision ou l’hydrophobie. Grâce à l’hypnose, cette patiente parvenait à évoquer les fantasmes affectifs réprimés qui étaient à l’origine de ces troubles, en particulier au moment où elle s’occupait de son père très malade. Par exemple, ses troubles de la vision s’expliquaient de cette manière : « La malade, les yeux pleins de larmes, était assise auprès du lit de son père, lorsque celui-ci lui demanda tout à coup quelle heure il était. Les larmes l’empêchaient de voir clairement ; elle fit un effort, mit la montre tout près de son œil et le cadran lui apparut très gros […] ; puis elle s’efforça de retenir ses larmes afin que le malade ne les voie pas. » [1] Son hydrophobie quant à elle, lui venait de ce qu’un jour elle avait vu le chien de sa gouvernante boire dans un verre d’eau, ce qui lui inspira un profond sentiment de dégoût qu’elle réprima à l’instant même.
 
Breuer raconte qu’au terme de ce traitement, cette cure par la parole – « talking cure » disait-elle –, les symptômes disparurent définitivement. Dans la réalité, Bertha Pappenheim n’a jamais guéri et n’était pas hystérique. Elle avait été internée dans une clinique par Breuer et ses symptômes ont perduré. Ils ne disparurent que vers la fin des années 1880. Pourtant, Freud, qui savait que la « talking cure » n’avait pas fonctionné, renverra toujours à ce cas en affirmant que la patiente fut guérie grâce à la remémoration et à la verbalisation des souvenirs.
 
 
Le complexe d’Œdipe
 
 
Une étape suivante est franchie quand Freud élabore sa théorie de la séduction. Selon lui, les différents cas de névrose* trouvent tous une origine sexuelle. Mais Breuer émettant des doutes sur cette théorie, les deux hommes rompent en 1896. La même année, Freud emploie le mot « psychoanalyse » dans un article rédigé en français.
 
En réalité, ce ne sont pas les patients de Freud qui lui ont raconté des souvenirs d’attentats sexuels remontant à leur petite enfance. Au contraire, c’est Freud qui leur suggérait cette idée. Freud n’a donc rien « découvert » car les patients n’avaient pas eux-mêmes rapporté d’abus sexuels. En fait, Freud teste ses hypothèses auprès de ses patients et n’est d’ailleurs pas un très bon thérapeute.
 
Freud formule deux hypothèses. D’abord, celle du refoulement* qui consiste au maintien dans l’inconscient d’idées ou de représentations liées à des pulsions. Ce refoulé inconscient se fait connaître, de manière détournée, sous forme de symptômes. La seconde hypothèse est celle de l’existence d’un processus de résistance qui l’amène à utiliser avec ses patients, la méthode des libres associations* lors de la cure*.
 
Les années 1896-1897 sont celles où Freud élabore sa première topique, c’est-à-dire la première représentation de l’appareil psychique. Il distingue le conscient, le préconscient et l’inconscient. En faisant cela, il cherche aussi à creuser la distance et à se détacher de toute référence biologique et physiologique.
 
Mais cette période est aussi celle d’une impasse : Freud réalise que l’idée d’un trauma d’ordre sexuel survenu dans la petite enfance n’est pas recevable : il se rend bien compte que toutes les petites filles ne furent pas violées par leur père. Il « découvre » alors qu’il s’agit en fait de « fantasmes » inconscients.
 
C’est là qu’intervient la sexualité infantile et le complexe d’Œdipe*. Selon Freud, tout être à l’état d’enfance est un « pervers polymorphe ». La masturbation, les excitations sexuelles sont normales. Mais la sexualité ne se limite pas aux parties génitales mais se développe sur d’autres fonctions vitales. C’est seulement devenu adulte que l’individu atteint le stade de la sexualité non objectale, c’est-à-dire qu’il ne se prend plus lui-même comme objet de désir. La sexualité devient, après une évolution progressive, une pulsion* autonome qui provient de la libido*. La normalité de la sexualité dépend des aléas de cette évolution. C’est dans ce cadre que s’inscrit le fameux complexe d’Œdipe.
 
En octobre 1897, Freud écrit une lettre à son ami Wilhelm Fliess dans laquelle il disait : « J’ai trouvé en moi, comme partout ailleurs, des sentiments d’amour envers ma mère ». Aurait-il donc « découvert » le complexe d’Œdipe ? En fait, cette idée selon laquelle les petits garçons éprouveraient un désir sexuel vis-à-vis de leur mère faisait partie des théories élaborées par Fliess. Freud a retrouvé dans sa mémoire des désirs correspondant exactement aux théories de Fliess. Ces souvenirs confirmaient ces dernières et, du coup, Freud généralise ce phénomène à tous les enfants.
 
 
L’autoanalyse, clé de voûte de la psychanalyse
 
 
En octobre et en novembre 1897, Freud se livre à son autoanalyse. Cette dernière deviendra plus tard la clé de voûte de la psychanalyse. En effet, Freud affirmait que pour devenir psychanalyste, il suffisait d’interpréter ses propres rêves, c’est-à-dire d’opérer une autoanalyse. Mais il s’est vite rendu compte que chaque psychanalyste proposait ses propres interprétations, qui ne correspondaient pas forcément aux siennes. En 1912, Jung proposera donc que tout analyste se fasse analyser par un autre analyste. Mais un nouveau problème apparaîtra : Freud deviendra le seul à ne pas avoir été analysé. Ses disciples soutiendront alors que Freud fut le seul à avoir réussi une autoanalyse : le reproche de ne pas avoir été analysé n’aura alors plus lieu d’être.
 
En 1899, dans L’Interprétation des rêves, Freud présente une théorie générale des rêves. Ces derniers constituent « la voie royale de l’accès à l’inconscient ». Le rêve est en effet « l’accomplissement (déguisé) d’un souhait (réprimé) ». Avec cet ouvrage, l’inconscient freudien est né : ce livre jette les fondements d’une science du psychisme humain.
 
En 1901, Freud publie dans une revue savante une série d’articles sous le titre Psychopathologie de la vie quotidienne – le livre sortira en 1904. Freud illustre le rôle de l’inconscient dans les lapsus*, les oublis de noms, les actes manqués*, etc. … Cet ouvrage est prolongé par la publication, en 1905, de Le Mot de l’esprit et ses rapports avec l’inconscient.
 
En 1905, enfin, dans Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud développe ses théories sur les stades de la sexualité infantile et ses répercussions à l’âge adulte. Il évoque la « peur de la castration » chez le garçon et « l’envie du pénis » de la petite fille.
 
Ces trois ouvrages sont des œuvres fondamentales de la psychanalyse. Mais Freud ne s’intéresse pas seulement à la théorie ; il se consacre également à la pratique, en analysant des cas devenus célèbres. Ainsi, en 1905, il analyse le cas Dora (Ida Bauer) grâce auquel il élabore le concept de transfert*. En 1909, il publie l’Analyse d’une phobie d’un garçon de 5 ans, le Petit Hans, et ses Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle, l’« Homme aux Rats », dont la cure fut une réussite.
 
En 1918, sont publiés les Extraits de l’histoire d’une névrose infantile, le cas de l’« Homme aux loups ». Ce dernier était un Russe, Sergius Pankejeff qui avait rêvé qu’il voyait sept loups blancs sur les branches d’un arbre. C’est à partir de ce cas que Freud élabore le concept de la « scène primitive ». Les symptômes dépressifs de Pankejeff étaient dus au fait que vers l’âge d’un an et demi il aurait vu ses parents faire l’amour par derrière à trois reprises.
 
 
Le moi, le ça et le surmoi
 
 
En 1911, Freud remanie ses vues sur les pulsions et expose les deux principes fondamentaux qui, selon lui, régissent le fonctionnement psychique. Le premier d’entre eux est le principe de plaisir* qui vise à réduire le plus possible toutes les formes de déplaisir. Dans le complexe d’Œdipe, cela se traduit par le désir de tuer le père. Mais un second principe est indissociable du premier : le principe de réalité. Ce dernier impose des modifications importantes au principe de plaisir, ces modifications devant permettre à celui-ci d’être adapté à la réalité extérieure. Dans l’exemple du complexe d’Œdipe, l’enfant ne peut pas, dans la réalité, assassiner son père et épouser sa mère et le principe de réalité vise donc à ce qu’il dépasse ce complexe.
 
En 1912, dans Totem et tabou, Freud expose le caractère universel des fondements de la psychanalyse, quelque soit la société considérée. En 1916, il publie ses Leçons d’introduction à la psychanalyse, qui sera traduit en quinze langues.
 
Mais surtout, à partir du début des années 1920, Freud élabore sa deuxième topique. En 1920, il publie Au-delà du principe de plaisir. En 1921, est publié La psychanalyse et les névroses de guerre. Enfin, en 1923, Freud fait paraître Le Moi et le Ça. Comment résumer cette deuxième topique ? Tout d’abord, Freud distingue trois instances organisant la vie psychique : le moi* est le moi conscient ; le ça* désigne l’inconscient profond ; et le surmoi* est une voix intérieure qui juge, condamne, récompense ou punit. À partir de l’observation des rêves liée aux névroses de guerre, Freud décèle un mécanisme qui le pousse à modifier ses conceptions basées sur les seuls principes de plaisir et de réalité dans la mesure où ces derniers n’arrivent pas à en rendre compte. Ce mécanisme s’appelle la compulsion de répétition* de sensations et de souvenirs douloureux. Il faut donc, pour Freud, aller au-delà du principe de plaisir, comme l’indique le titre de l’un de ses ouvrages. Une troisième version de la théorie des pulsions est ainsi élaborée : elle prend en compte l’existence d’une pulsion de mort – « Thanatos » –, à la fois contraire et complémentaire des pulsions de vie – « Eros ». Cette pulsion de mort a pour but essentiel le retour à l’instant initial de la vie, là où la mort l’a précédée. C’est l’« instinct de mort ».
 
 
Remise en cause de la liberté individuelle
 
 
Freud s’attache aussi à transposer ses idées sur la psychanalyse sur le plan de la société tout entière. Il passe donc de l’individu – son psychisme, ses symptômes, etc. – à la collectivité.
 
Dans sa Psychologie des masses, publié en 1921, il développe sa théorie de l’identification. Le guide ou le chef d’une société occupe la position d’idéal du moi. L’armée tient en raison de l’amour des soldats pour leurs généraux et l’Église catholique parce que les fidèles aiment le Christ.
 
En 1927, dans L’avenir d’une illusion, Freud se consacre à l’étude de la religion. Pour lui, les masses, « paresseuses et inintelligentes », voient dans la religion non pas un moyen de satisfaire à un quelconque besoin de spiritualité, mais une manière d’échapper aux difficultés de l’existence, à l’insécurité en retrouvant la situation qu’elles ont vécue dans leur petite enfance : la croyance en Dieu est, finalement, la projection du père.
 
Dans Malaise dans la culture, publié en 1930, Freud livre des conclusions pessimistes. Il réfléchit au devenir de l’humanité et aux réponses, illusoires, qu’elle croit trouver, soit dans la religion – c’est ce qu’il a expliqué dans L’avenir d’une illusion –, soit dans la guerre. Il en arrive à affirmer que les pulsions destructrices l’emporteront fatalement sur les pulsions de vie, ce qui est compréhensible si l’on reprend l’explication freudienne sur l’instinct de mort : ce dernier est le désir de retourner à l’instant précédant la vie…
 
Freud pense ainsi beaucoup à la mort, et ce, dès 1914. Dans son entreprise de construction d’une science, la psychanalyse, il repense ainsi les catégories du Bien et du Mal, affirmant que la barbarie est interne à l’humanité, qu’elle lui est propre, et que, par conséquent, elle est universelle. Sigmund Freud s’inscrit dans la lignée des « Lumières "sombres" » [2] : l’être humain est perfectible, certes, mais la régression dans le Mal est tout à fait possible.
 
Mais c’est d’une autre manière que Freud se démarque radicalement des Lumières. Rappelons-nous : les Lumières se manifestent par la liberté et le triomphe de la raison. [3] Dans l’esprit des Lumières, l’individu est un être libre, et, par conséquent, un être rationnel. Car être libre, c’est d’abord faire usage de sa raison, c’est pouvoir agir consciemment, savoir quel but l’on poursuit lorsque l’on accomplit telle ou telle action. L’individu est maître de soi, donc libre, car il est conscient de soi. Il est autonome et sensé.
 
Or, avec la psychanalyse, Freud remet en cause cette vision d’un être totalement rationnel et libre. Les fantasmes, les rêves, les actes manqués, les lapsus… sont, par définition, des manifestations irrationnelles. Elles sont l’expression de l’inconscient, c’est-à-dire d’une force dont l’homme n’est pas conscient. Ainsi, s’il n’est pas conscient d’une partie de lui-même, l’individu peut-il être totalement libre ? Non. Le surmoi ou les pulsions dirigent aussi notre vie, en partie. Une force supérieure, l’inconscient, échappe à notre contrôle. La psychanalyse constitue donc bien une véritable révolution dans la mesure où elle remet en cause la vision libérale de l’individu comme être libre et rationnel, faisant un usage total de son libre-arbitre.
 
 
 
 
Bibliographie :
PLON, Michel, « Freud et le roman de la psychanalyse », in L’Histoire, n° 246, septembre 2000, pp.36-47.
« Le dossier Freud » (dossier), L’Histoire, n° 309, mai 2006, pp. 35-59.
 
 
 
 

* Voir le lexique.
 
[1] FREUD, Sigmund, Cinq leçons sur la psychanalyse, Payot, 1966, p. 15.
 
[2] ROUDINESCO, Élisabeth, « "Personne ne peut nier le génie fondateur de Freud" », in L’Histoire, mai 2006, n° 309, p. 52.
 
 
 
 

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Published by Léon Cahlinel - dans Analyse
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