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21 mai 2004 5 21 /05 /mai /2004 14:41
 Il y a 60 ans, le 6 juin 1944, la plus grande armada de tous les temps s’engageait dans l’opération Overlord.
 
En URSS, les troupes allemandes sont durement touchées par le terrible hiver 1941-1942. En Extrême-Orient, les Etats-Unis sont entrés en guerre après l’attaque des Japonais sur la base américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941.
 
 
LE COSSAC ET LA CONFÉRENCE DE QUÉBEC
 
 
À la conférence de Washington qui se tient en janvier 1942, les Alliés doivent coordonner leur politique militaire. La nécessité d’ouvrir un second front à l’ouest pour soulager les troupes soviétiques est impérative. Cela obligerait les Allemands à prélever des troupes sur le front de l’est et donc à soulager les Soviétiques. Mais aucun accord précis n’est trouvé à la fin de la conférence. Cependant, les Américains pensent à un rassemblement de troupes en Grande-Bretagne baptisé Round-up (« rassemblement ») en vue d’une invasion de grande envergure de la France au début de 1943.
 
Le transport d’hommes d’Amérique vers l’Angleterre étant impossible – les sous-marins allemands contrôlent l’Atlantique –, Churchill propose un rassemblement des troupes alliées pour occuper les possessions françaises d’Afrique du Nord. L’opération est baptisée Torch.
 
Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquent à trois endroits : Alger, Oran et Casablanca. Les troupes de Vichy n’opposent qu’une faible résistance. L’opération est un succès total. Toujours est-il que les Alliés ont désormais un tremplin pour mener des assauts en Méditerranée contre les Allemands.
 
En janvier 1943, à la conférence de Casablanca, Eisenhower décide de préparer un assaut contre la Sicile. En outre, est créé un organisme qui est chargé d’examiner toutes les possibilités de débarquement en France. Cet organisme est placé sous le commandement du général major Frederick Morgan qui reçoit le titre de chef d’état-major du commandant en chef allié, ou COSSAC (« Chief of Staff to the Supreme Allied Commander »). Le COSSAC doit élaborer des plans pour une invasion de l’Europe baptisée Overlord (« Suzerain »).
 
Il faut déterminer le lieu du débarquement. Le Pas-de-Calais représente la route la plus courte. Mais les Allemands l’ont bien compris et ont renforcé le dispositif de défense. Après réflexion, c’est une zone entre Orne et la Vire, dans le Cotentin, qui est choisie. Le plan est approuvé en août 1943 à la conférence de Québec. Lors de cette même conférence, des discussions eurent lieu sur la stratégie à adopter en Méditerranée. L’idée d’un débarquement dans le Midi de la France fut également approuvée : l’opération qui reçoit le nom de code Anvil (« Enclume ») avait pour objectif de contraindre les Allemands à dégarnir leurs positions en Normandie.
 
 
LES TANKS FUNNY
 
 
Pour l’opération Overlord, sont mis au point des caissons en béton, baptisés Phœnix. Ils doivent, une fois assemblés, formés des quais. Le problème du ravitaillement en carburant est résolu par le projet Pluto : le nom signifie « pipe line under the ocean ». Un prototype de ce projet consiste en d’énormes tambours qui doivent dérouler la canalisation au fond de la mer pendant leur remorquage vers la France. En outre, des stations de pompage sont construites sur la côte sud de l’île de Wight.
 
Des chars spéciaux sont ainsi conçus pour faire face aux champs de mines, aux fossés anti-chars ou aux bunkers. Pour cela, Churchill fait appel à l’un des pionniers des blindés du génie, le général Percy Hobart. Ce dernier conçoit des engins spéciaux regroupés dans la 79e division blindée en 1943.
 
Les tanks Funny sont très variés. Le « Crocodile » par exemple est un char Churchill équipé d’un lance-flamme. Le « Crab » est un Sherman disposant d’un tambour rotatif auquel sont reliées des chaînes qui, en frappant le sol, doivent faire exploser les mines. Le « Robbin » a pour mission de dérouler un tapis de toile sur le sable mou. Le « Fascine » quant à lui est conçu pour combler les fossés anti-chars avec d’énormes fagots de bois.
 
En décembre 1943, Eisenhower est nommé commandant suprême de la force expéditionnaire, le SHAEF (« Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force »). Il a des adjoints : le maréchal de l’Air britannique Tedder est responsable de l’aviation alliée pour Overlord ; l’amiral Ramsay, qui a dirigé l’opération Torch, est chargé de la marine ; Montgomery est commandant en chef des forces terrestres. Bien que ce dernier soit un nerveux et un arrogant, il a une volonté infaillible de détruire l’ennemi.
 
Bolero est le nom de code de l’opération consistant au transport des troupes américaines en Angleterre. Il fait référence au Bolero de Ravel, morceau de musique basé sur un crescendo.
 
 
L’OPÉRATION FORTITUDE
 
 
L’opération d’intoxication qui vise à faire croire aux Allemands que le débarquement aura lieu dans le Pas-de-Calais est baptisée Fortitude.
 
La Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, n’a pu effectué des vols qu’au-dessus du Kent. Dans cette région, les pilotes ont pu observer des engins de débarquement, des chars, des avions… en toile, en contre-plaqué ou en caoutchouc. Ces leurres ont été mis au point par des décorateurs de théâtre à qui on avait fait appel.
Une autre diversion consiste en la création d’un quartier général imaginaire confié à Patton. Le choix de ce général n’est pas un hasard : les Allemands savent qu’il est très combatif. Un faux trafic radio est instauré.
 
Le jour J sont prévus des convois de petits bateaux équipés de leurres radars qui permettront de simuler une puissante armada faisant route vers Dieppe.
 
L’opération Fortitude a aussi consisté en la collecte de renseignements sur la nature des obstacles installés sur les plages et sur la composition du sable. Une unité est mise en place, baptisée COPP (« Combined Operations Pilotage Parties »). Elle est formée d’hommes-grenouilles qui doivent débarquer silencieusement de petits sous-marins ou de canoës. Ces hommes-grenouilles effectuent un grand nombre de missions à partir de janvier 1944. Fin février, ces missions sont interrompues afin de ne pas éveiller l’attention sur cette zone en cas d’incident.
 
Dès janvier 1944, les comtés du sud de l’Angleterre sont transformés en un véritable camp militaire. Les grands paquebots Queen Mary et Queen Elisabeth, repeints en gris, transportent des milliers de GI’s. Déjà un million d’hommes se trouvent dans les camps de Devon, Dorset et Somerset. Les troupes anglaises se trouvent dans les comtés du sud et du sud-est avec les Canadiens.
 
Les hôtels et les écoles sont réquisitionnés. Les petits ports se voient encombrés d’innombrables engins de débarquement. Tout cela suppose une organisation très complexe et donc la mise en place d’une logistique préalable à l’invasion.
 
Un réseau de camps près des côtes forme des « zones de triage » qui doivent permettre d’embarquer chaque homme sur le bon navire et dans le bon port. Ces camps sont entourés de barbelés afin d’isoler les troupes d’assaut au moment des dernières consignes. D’énormes entrepôts sont construits, les ponts sont renforcés pour supporter le poids des blindés, et des centaines de kilomètres de rails sont posées. Des plans de chargement du matériel et des hommes sont élaborés dans la mesure où tout doit débarquer au moment et à l’endroit prévus.
 
 
L’ACTION DE LA RÉSISTANCE
 
 
En Normandie, deux forces sont en présence : les Allemands et la Résistance. Celle-ci doit prélever un maximum de renseignements. Certains font des croquis des plages où est prévu le débarquement, d’autres envoient des cartes postales de vacances des lieux concernés.
 
C’est le SOE anglais (« Special Operations Executive ») qui permet l’approvisionnement des maquis. Peu avant le jour J, le général Kœnig est nommé commandant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) : son rôle est de coordonner les différentes factions de la Résistance. Les Alliés craignent qu’elles se battent entre elles plutôt que contre les Allemands.
 
La mission de la Résistance est de freiner par tous les moyens les mouvements de divisions blindées allemandes vers la zone de combat. C’est ce que prévoit le plan « Bibendum » adopté le 19 mai 1944. Des équipes appelées « Jedburgh » sont parachutées sur le sol français. Elles doivent armer les résistants et sont composées de deux instructeurs (anglais ou américains) et d’un opérateur radio ainsi que de plusieurs formations du SAS (« Special Air Service).
 
L’action des résistants se traduit par des sabotages de lignes de chemin de fer ou la démolition de ponts à l’explosif. Les lignes de téléphone sont coupées et parfois, des officiers allemands assassinés.
 
Les réseaux de résistants sont informés par des messages personnels diffusés sur les ondes de la BBC. Ces messages sont constitués de deux vers extraits d’un célèbre poème de Verlaine : « Les sanglots longs des violons de l’automne / Bercent mon cœur d’une langueur monotone ». Le premier vers signifie que l’invasion est imminente ; le second est le signal pour les résistants de passer à l’attaque.
 
 
DERNIERS PRÉPARATIFS
 
 
Dans les derniers jours du moi de mai, tous les véhicules reçoivent leur équipement d’insubmersibilité. Les armes subissent des essais de tirs, les denrées sont entreposées aux endroits prévus et les divisions de deuxième ligne sont prêtes à faire mouvement vers le sud. En revanche, un moment d’affolement se produit concernant les caissons Phœnix. En effet, ceux-ci ont été immergés dans l’eau afin que les Allemands ne les repèrent pas au cours de leurs reconnaissances. Or, au moment de les remonter à la surface, les pompes ne s’avèrent pas assez puissantes. C’est en faisant appel à des spécialistes que le désastre est évité.
 
Le 3 juin, deux sous-marins de classe X quittent le port de Portsmouh et se dirigent vers la côte normande. Ils vont se poser au fond de la mer et le jour de l’arrivée de l’armada, ils feront surface et actionneront leurs balises pour guider la flotte sur les zones de débarquement.
 
Le nom de code de l’opération navale est Neptune. Il est prévu que les premiers navires doivent appareiller le 1er juin. La flotte de Ramsay est composée de 137 vaisseaux de guerre, de 4 000 engins et péniches de débarquement, de 700 navires de soutien et de 900 cargos. Cinq formations d’assaut sont formées, une par plage. Cinq plages sont en effet prévues pour le débarquement : Utah Beach, Omaha Beach, Juno Beach, Gold Beach et Sword Beach. Chaque formation d’assaut est escortée par 6 cuirassés et 23 croiseurs de bataille.
 
Eisenhower exige plusieurs conditions pour l’opération Overlord : la traversée de la Manche doit se faire de nuit pour que l’obscurité cache l’importance de l’armada et sa destination ; la lune doit permettre les parachutages ; il faut quarante minutes de jour avant l’heure H pour parachever les bombardements préparatoires ; enfin, il faut attaquer à marée basse pour éliminer les obstacles avant que la mer ne les recouvre. Dans ces circonstances, le débarquement ne peut avoir lieu qu’entre le 5 et le 7 juin.
 
 
« OK, LET’S GO ! »
 
 
L’embarquement commence le 2 juin. Mais le 4, un ouragan s’abat sur les côtes sud de l’Angleterre. Au matin du 4, Eisenhower reporte donc l’opération de vingt-quatre heures. Dans la journée, Stagg, le chef des services météorologiques de la RAF, annonce une accalmie pour le 6. La dernière conférence météorologique a lieu le 5 juin à 3h30 et à son issue, Eisenhower lance son fameux « OK, let’s go ! »
 
Le 5 juin, les unités de la flotte d’assaut font mouvement. Chaque navire doit gagner le sud de l’île de Wight, dans un lieu baptisé Picadilly Circus. C’est à partir de cet endroit-là que les divers convois feront route vers la France. À bord des navires, les commandants ouvrent les enveloppes scellées qui contiennent les plans et les cartes avec leurs véritables objectifs. Mais le commando des FFL qui doit débarquer sur Sword Beach a déjà deviné sa destination. À la tombée du jour, les troupes aéroportées se dirigent vers les avions et les planeurs qui sont prêts à décoller.
 
Enfin, la dernière phase de l’opération Fortitude est enclenchée. Une flotille de vedettes remonte la Manche vers le nord en émettant des signaux radars pour simuler une puissante armada faisant route vers les plages de Dieppe et Boulogne.
 
L’opération Overlord commence par le parachutage de soldats qui ont des missions bien précises à remplir. Les parachutistes américains doivent isoler le Cotentin. Afin d’éviter la DCA allemande située près de Cherbourg, l’escadre aéroportée se dirige vers les îles anglo-normandes. Mais de nombreux pilotes sont perturbés par le feu des canons anti-aériens.
 
 
LES PARACHUTISTES PASSENT À L’ACTION
 
 
La 82e division aéroportée est parachutée à proximité de Sainte-Mère-Église. La 101e quant à elle a pour mission d’occuper le terrain au-delà des secteurs en retrait de Utah Beach pour prendre le contrôle des routes qui mènent à l’intérieur des terres et des ponts de Carentan. Mais beaucoup d’hommes, parachutés dans l’eau, se noient, entraînés par le poids de leur équipement. D’autres se retrouvent perdus dans la campagne.
 
Mais en même temps, la dispersion des troupes alliées provoque la confusion dans les états-majors allemands. De plus, les lignes de téléphone sont coupées par les résistants, ce qui empêche les Allemands d’avoir une image cohérente de la situation.
 
La 6e division britannique est parachutée à l’est de Caen. L’une des principales formations, composée de six planeurs, est engagée dans l’opération Pegasus Bridge : l’objectif est de prendre deux ponts situés sur l’Orne et le canal de Benouville. Les parachutistes parviennent à se disperser malgré une opposition sporadique. Les hommes du génie enlèvent les « asperges » de Rommel et les planeurs peuvent atterrir. Ceux-ci contiennent tout le matériel indispensable : jeeps, artillerie légère et armes lourdes d’infanterie.
 
La 21e division Panzer ne reçoit aucun ordre d’attaque à cause de la confusion semée dans les états-majors allemands. Mais le plus grand risque est constitué par les batteries d’artillerie côtière. L’une d’elles, celle de Merville, est l’objectif du bataillon anglais du lieutenant-colonel Otway. Les hommes sont parachutés à l’aveuglette, trop loin du bunker. Néanmoins, Otway, qui n’a pu rassembler autour de lui que cent cinquante hommes, décide de passer à l’attaque. Le bunker est investi mais au prix de lourdes pertes.
 
 
SUCCÈS À UTAH BEACH
 
 
À 5h du matin, les radars allemands détectent l’armada mais aucune alerte générale n’est donnée. Les cuirassés alliés prennent position et font feu sur leurs cibles : les batteries côtières ou les places fortes.
 
Au large, les cargos, qui transportaient le gros de l’infanterie, se positionnent pour permettre aux soldats d’embarquer sur les LSC (« Landing support crafts »). En tête, progressent les LCM (« landing crafts mechanized ») sur lesquels se trouvent des observateurs d’artillerie qui doivent diriger les tirs sur les défenses allemandes. Puis viennent les chars DD (duplex drive) qui sont des Sherman dotés d’une double hélice à l’arrière et d’une « jupe » en caoutchouc pour pouvoir flotter. Ensuite viennent les LCT (landing crafts tank) qui transportent les blindés spéciaux.
 
À Utah Beach, zone de débarquement américaine, 30 000 hommes et 3 500 véhicules doivent débarquer. Ils sont précédés par deux escadrons de chars DD qui ouvrent le feu sur les Allemands. Derrière, les premières vagues de la 4e division d’infanterie parviennent jusqu’aux dunes et ne rencontrent qu’une faible résistance de la part des Allemands.
 
Tout de suite, le génie s’active à débarrasser la plage de ses obstacles. La tête de pont est vite renforcée par l’arrivée de tanks, d’artillerie et d’un régiment d’infanterie. Vers 13h, la liaison est réalisée avec les éléments de la 101e division aéroportée. La tête de pont est consolidée à la tombée de la nuit.
 
 
« OMAHA LA SANGLANTE »
 
 
En ce qui concerne Omaha Beach, les nouvelles sont plus inquiétantes. La plage, longue d’environ cinq kilomètres, s’étend au pied de hautes falaises. Devant, un mur de béton de trois mètres de haut est renforcé par des blockhaus abritant des canons de 88 millimètres. En outre, les tires d’artillerie marine étant gênés par la fumée des explosions et par les nuages bas, les défenses allemandes restent intactes.
 
Les régiments d’assaut de la 1re division d’infanterie américaine sont contraints de passer à l’attaque sans l’appui des blindés. Deux escadrons de chars DD sont mis à l’eau à six kilomètres du rivage mais l’un d’eux, jugeant la situation trop risquée, décide d’abandonner. Deux tanks seulement sur les vingt-neuf qui composent l’autre escadron parviennent sur le rivage. Les autres chars ont coulé ou se sont échoués sur un banc de sable trop éloigné d’Omaha.
 
Des petits groupes d’hommes réussissent à gagner le mur de béton mais beaucoup d’officiers sont hors de combat. Quant aux vagues successives de matériel et d’hommes, elles abordent une plage obstruée de véhicules, ce qui les empêche de continuer.
 
La situation est tellement grave sur Bloody Omaha (« Omaha la Sanglante »), que le général Bradley, qui commande la Ire armée américaine, envisage le repli. Mais le courage et l’instinct de survie des soldats américains permettent à ceux-ci de renverser la situation. À la fin de la journée, après beaucoup de difficultés, la Big Red One (surnom de la 1re division) s’engage dans les routes intérieures.
 
En marge de la bataille livrée sur la plage d’Omaha, les rangers américains attaquent la pointe du Hoc avec mission d’éliminer la batterie d’artillerie se trouvant au sommet d’une falaise de trente mètre de haut. Malgré un feu nourri des Allemands, les soldats, à l’aide de grappins, escaladent la falaise et parviennent au sommet. Là, ils découvrent des casemates vides. En réalité, les canons n’ont jamais été montés et gisent en pièces détachées dans un champ. L’attaque contre la pointe du Hoc a retardé l’élargissement de la tête de pont d’Omaha, ce qui oblige les soldats à tenir la position pendant deux jours avant d’être relevés.
 
 
LES ANGLAIS SUR LES PLAGES DE SWORD ET GOLD
 
 
À Gold Beach, la 50e division Northumberland et la 8e brigade blindée ont pour mission de prendre Arromanches où doit être assemblé un port artificiel. Les chars DD ne peuvent pas être mis à l’eau à cause de la tempête et ils sont débarqués tout de suite derrière l’infanterie d’assaut. De plus, un vent violent pousse la marée montante qui recouvre les obstacles plus tôt que prévu et de nombreux engins de débarquement sont endommagés. Néanmoins, la bataille est gagnée avec l’aide des blindés spéciaux.
 
Sur la plage de Sword Beach, ce sont la 3e division anglaise et plusieurs unités dont un commando de FFL commandés par Kieffer qui débarquent. Leur mission : ouvrir la voie sur Ouistreham et porter secours à la 6e division aéroportée qui est en difficulté sur le pont de l’Orne. L’infanterie ainsi que les blindés spéciaux et les tanks DD attaquent les villas fortifiées et les neutralisent. C’es Kieffer qui, avec ses hommes, envahit le casino fortifié avec deux chars et en chasse les défenseurs. Des soldats progressent sur les ponts de l’Orne où ils se retrouvent engagés dans la bataille contre la 21e division Panzer.
 
 
JUNO BEACH : PLAGE CANADIENNE
 
 
La 3e division canadienne débarque à Juno Beach. Un problème non négligeable est posé sur cette plage par la présence de récifs. L’assaut ne peut être donné que lorsque la marée sera haute et qu’elle recouvrira donc la plupart des obstacles. Ainsi, de nombreux engins de débarquement sautent sur les mines.
 
De plus, l’infanterie débarque sans l’appui des chars DD qui n’ont pas pu être mis à l’eau à cause de la mer déchaînée. Les Allemands arrosent les soldats d’un feu nourri. Enfin, la plage est encombrée par les engins de débarquement.
 
Mais des unités parviennent à progresser à l’intérieur et dans la soirée, elles établissent une solide tête de pont après avoir fait leur jonction avec le 30e corps venu de Gold Beach.
 
 
LE MUR DE L’ATLANTIQUE EST ENFONCÉ MAIS TOUS LES OBJECTIFS NE SONT PAS ATTEINTS
 
 
Vers midi, le mur de l’Atlantique a été enfoncé, même si la situation est précaire au niveau de certains points d’appui, en particulier à Omaha Beach. Mais le calendrier de débarquement des unités suivantes est perturbé par le mauvais temps et le retard pris pour dégager des sorties.
 
L’armée allemande n’a pas su résister pour plusieurs raisons. D’abord, la complexité des communications a empêché la prise de décision au moment crucial. Ensuite, elle a perdu beaucoup de temps à lancer des contre-attaques contre l’armada fantôme au nord. Von Rundstedt, comme le Haut commandement de la Wehrmacht, pensait que le débarquement en Normandie n’était qu’une diversion. Deux divisions blindées étaient stationnées en Normandie mais elles ne pouvaient faire mouvement que sur l’ordre personnel de Hitler. Or, celui-ci dormait à Berchtesgaden. Enfin, la 21e Panzer, qui n’a reçu aucun ordre dans un premier temps, s’est vue ensuite donner des ordres contradictoires.
 
L’état-major allié peut se féliciter d’avoir subi des pertes bien inférieures à ce qu’il avait prévu. Au soir du 6 juin 1944, sur les cinq plages, ont été débarqués 130 000 hommes en plus des 22 000 parachutistes. Seulement 9 500 hommes sont été perdus.
 
Cependant, tous les objectifs n’ont pas été atteints. En particulier à Caen, qui est toujours aux Allemands. De même, l’aérodrome de Carpiquet situé à l’ouest de la ville, est farouchement défendu par la 716e division d’infanterie allemande renforcée par les éléments de tête de la 21e Panzer. Les Canadiens mettront un mois pour le prendre. Enfin, la situation à Omaha Beach est précaire : le point d’appui qui est large de moins d’un kilomètre provoque de graves soucis.
 
 
 
 
 
Pour en savoir plus :
Livres :
KEMP, Anthony, 6 juin 1944. Le débarquement en Normandie, Paris, Gallimard, 1994.
« 6 juin 1944 : opération Overlord », in L’Histoire, n° 287, mai 2004.
 
 

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Published by Léon Cahlinel - dans Actu
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