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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 12:00
Le 11 septembre prochain, il y aura cinq ans que les attentats les plus meurtriers de l’histoire ont eu lieu. Le 4 septembre, France 2 diffuse à cette occasion un film sur le sujet. Retour sur cet événement qui relève de la guerre de religion. Et qu’on hésite encore à qualifier d’historique.
 
Le mardi 11 septembre 2001, un quadruple attentat frappa les Etats-Unis en plein cœur, à New-York et Washington. Quatre avions de ligne furent détournés par des terroristes islamistes juste après leur décollage. Leurs réservoirs de carburant étaient donc pleins, chacun contenant 91 000 litres de kérosène. L’idée des pirates de l’air était d’utiliser ces avions comme bombes incendiaires volantes contre les cibles qu’ils avaient choisies.
 
 
«"Allah Akbar !", mots qui saisissent d’effroi ceux qui ne croient pas »
 
 
Les deux premiers avions détournés – deux Boeing 767 – furent projetés contre le World Trade Center, à New-York. Le premier frappa la Tour Nord à 8 h 46 heure locale et le second fut précipité dans la Tour Sud à 9 h 03. Le troisième appareil fut lancé contre le Pentagone à 9 h 37. Le quatrième n’atteignit pas sa cible : les passagers du vol 93 d’United Airlines se révoltèrent contre les terroristes et parvinrent à faire s’écraser l’avion dans un champ en Pennsylvanie alors que les pirates visaient probablement le Capitole ou la Maison Blanche à Washington. À New-York, ce sont au total vingt cinq bâtiments, dont le World Trade Center, qui furent détruits. Les attentats provoquèrent la mort de 2 986 personnes.
 
En cherchant à comprendre les causes de cet événement, on a souvent évoqué l’inefficacité des autorités. Mais cette inefficacité n’est peut-être pas le plus important. Après des attentats commis contre des ambassades américaines en Afrique, une Commission nationale sur le terrorisme (NCT) fut mise en place. Elle avait été chargée de redéfinir la politique antiterroriste des Etats-Unis. Le rapport remis par cette Commission, dont la couverture – hasard incroyable ! – était illustrée par les deux tours du World Trade Center, affirmait que « la menace d’attaques entraînant des pertes humaines massives sur notre territoire ne cesse de croître ».
 
Ce rapport devait en toute logique aboutir à une loi qui aurait redéfini les pouvoirs du gouvernement face à la menace terroriste. Mais de multiples associations, à la suite de ce rapport, évoquèrent le danger de mesures « liberticides », l’Institut représentatif des Arabo-Américains évoqua « un retour aux jours les plus noirs de l’époque maccarthyste ». Un responsable des droits du citoyen affirma que les Américains d’origine arabe étaient particulièrement visés par le rapport… alors que ce dernier n’en dit pas un mot ! Les levées de bouclier furent si bruyantes et efficaces qu’aucune mesure ne fut prise [1].
 
Ainsi, furent mises en cause les autorités américaines. Mais la réalité est que, de toute façon, les pouvoirs spéciaux leur ayant été refusés par les ennemis du rapport de la NCT, les autorités n’auraient rien pu faire.
 
De toute façon, la cause essentielle, et finalement la seule, de ces attentats vient de l’islamisme. Les attaques furent commanditées par le milliardaire saoudien Oussama Ben Laden, celui qui finance le réseau terroriste Al-Qaïda. L’islamisme éprouve une haine sacrée pour l’Occident, et en particulier pour son plus prépondérant représentant dans le monde, les Etats-Unis, rejette la mondialisation et la démocratie, et souhaite islamiser le monde entier.
 
Ainsi, l’un des pirates de l’air, Mohammed Atta, avait tenu ces propos avant sa « mission » : « Quand l’affrontement commencera, frappe comme les combattants qui ne veulent pas retourner en ce monde-ci. Crie "Allah Akbar !", car ces mots saisissent d’effroi le cœur de ceux qui ne croient pas. Dieu a dit : "Frappe au-dessus du cou et à toutes les extrémités." Sache que les jardins du paradis t’attendent dans toute leur beauté, et que les femmes du paradis t’attendent. » C’est bien l’acte d’une guerre de religion qui fut mené ce jour-là aux Etats-Unis : massacrer des milliers d’innocents au nom d’Allah.
 
D’ailleurs, les cibles choisies révèlent cette haine de l’Occident éprouvée par les islamistes. Le World Trade Center était le centre mondial des échanges, autrement dit pas seulement le symbole de la puissance financière américaine mais celui de la mondialisation. Ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 relevait du fanatisme religieux qui menace le monde entier. Car l’islam a vocation à convertir le monde entier. Les intégristes musulmans veulent transformer le monde en un califat [2]. À propos des attentats du 11 Septembre, Robert Redeker, professeur de philosophie, déclarait : « Aucune idéologie n’est plus rétrograde que l’islam, et, par rapport au capitalisme dont les Twin Towers, dans leur majestueuse beauté, figuraient le symbole, la religion musulmane est une régression rebarbarisante. Le destin des bouddhas géants d’Afghanistan et celui des Twin Towers de New York s’est révélé semblable : statues et tours étaient les icônes de l’altérité, insupportables à l’islam. » [3] On ne peut douter que c’est bien une guerre de religion qui est menée par Oussama Ben Laden.
 
 
11 septembre 2001 : un événement historique ?
 
 
Le 11 Septembre est-il un événement historique ? À quoi reconnaît-on un événement ? Peut-être à quatre grandes caractéristiques : son intensité, sa prévisibilité, son retentissement et ses conséquences [4].
 
Les lieux choisis conférèrent à l’événement une grande intensité : la capitale mondiale du capitalisme et le symbole de la puissance militaire du pays le mieux armé du monde expliquent l’intensité qu’ont eue les attentats de 2001.
 
Même si le 11 septembre 2001 constitua la quatrième attaque armée contre les Etats-Unis sur leur propre sol, après les deux guerres d’indépendance à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, et la guerre de Sécession, cet événement était imprévisible – en plus du fait qu’un attentat est, par définition, imprévisible. Personne n’aurait pu imaginer une telle audace de la part d’islamistes fanatisés à l’extrême et capables de se donner la mort pour une cause qu’ils jugeaient bonne. La croyance selon laquelle le territoire américain était inviolable était admise par tous le monde, et pas seulement par les Américains eux-mêmes.
 
Ensuite, le retentissement fut évident en raison de la diffusion, dans le monde entier, devant des millions de téléspectateurs, de la collision du deuxième avion sur la deuxième tour du World Trade Center.
 
Pour ces trois raisons, les attentats du 11 septembre 2001 peuvent être considérés comme un événement historique. En revanche, en ce qui concerne les conséquences à plus long terme, on ne peut être aussi catégorique.
 
Un événement historique est toujours à la fois destructeur et créateur. Pour de la destruction, il n’y a aucun doute sur la nature du 11 Septembre. En revanche, la portée historique, à plus long terme, de cet événement est encore inconnue. Et c’est cela qui empêche de faire de ces attentats un événement historique au sens plein. Nous en sommes réduits aux hypothèses, même cinq ans après.
 
Pour certains, c’est le début de la Troisième Guerre mondiale, guerre idéologique opposant des civilisations. Si on admet qu’elle n’a pas déjà commencé avant. Pour d’autres, les attentats marqueraient un nouveau triomphe, à venir, du libéralisme, un sursaut de la démocratie face à ses ennemis.
 
Mais on peut aussi replacer les attentats dans le cycle déjà bien rempli des attentats commis par les islamistes, partout dans le monde : en 1995, en France, une série d’attentats a lieu ; le 11 avril 2002, la synagogue de Djerba est victime d’un attentat ; le 12 octobre, Bali est le théâtre d’un double attentat ; le 16 mai 2003, des attentats frappent Casablanca ; le 11 mars 2004, en Espagne, une série d’attentats ensanglante Madrid ; en juillet 2005, Londres est victime à son tour d’une série d’attentats… Ainsi, le 11 septembre aurait sa place dans une sombre chronologie parmi d’autres attentats islamistes. Il figurerait dans la liste macabre de cette nouvelle guerre de religion qui est imposée au monde entier.
 
 
 
 
 
Notes
[1] FOER, Franklin, « Sin of Commission, how an antiterrorist rapport got ignored », The New Republic, 8 octobre 2001.
 
[2] BARNAVI, Élie (entretien), « Toute religion peut devenir criminelle », in Les collections de l’histoire, n° 17, octobre 2002, pp. 6-11.
 
[3] Le Monde, 22 novembre 2001.
 
[4] WINOCK, Michel, « Qu’est-ce qu’un événement ? », in L’Histoire, n° 268, septembre 2002, pp. 32-37.
 
 
 
 

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Published by Léon Cahlinel - dans Actu
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commentaires

Tietie007 19/11/2015 19:01

Je conseille d'ailleurs le livre de Fabrizio Calvi, "11 septembre, contre-enquête", qui est remarquable.

picart valentin 19/11/2015 17:21

oui

Tietie007 20/06/2015 07:20

Malheureusement, cet événement a aussi débouché sur des fantasmes conspirationnistes qui empoisonnent la jeunesse et certaines régions du monde et qui réduisent les phénomènes à des explications simplistes et binaires confinant à la défaite de la pensée comme dirait Finkielkraut. J'attends avec curiosité le bouquin de Nabe sur les conspirationnistes.