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15 octobre 2004 5 15 /10 /octobre /2004 21:28
Il y a soixante ans, en octobre 1944, un officier japonais invente, pour faire face à une situation militaire de plus en plus défavorable, les missions-suicides. Les kamikazes peuvent apparaître comme une sorte de samouraïs des temps modernes. Mais leur mort sera inutile.
 
En octobre 1944, cela fait trois ans que la guerre du Pacifique fait rage. Les Japonais ont dominé pendant longtemps. Après leur attaque surprise sur la base américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, ils ont, en quelques mois, conquis Hong-Kong, Singapour, et les Philippines.
 
Mais depuis 1942 et leur première défaite navale, ils perdent du terrain. Les Américains reprennent les îles perdues. En octobre 1944, le commandant des forces aéronavales japonaises, l’amiral Onishi, sait que le Japon va perdre la guerre.
 
 
LE VENT DIVIN CONTRE L’INVASION AMÉRICAINE
 
 
Onishi veut retarder la défaite, et pour cela, il faut une nouvelle arme. Il invente alors les missions-suicides : des pilotes s’écraseront volontairement sur les navires ennemis. Ils piqueront sur leur cible avec leur avion chargé d’une bombe de 250 kg et à une vitesse d’environ 900 km/h.
 
L’amiral fait part de son idée aux pilotes japonais basés aux Philippines qui l’approuvent. Dès le lendemain, les « Unités spéciales d’attaque par choc corporel » sont créées. On surnommera les pilotes « kamikazes », ce qui signifie « vent divin ». C’est le nom donné par les Japonais au typhon qui, en 1281, détruisit la flotte mongole qui voulait débarquer au Japon.
 
En 1944, le rôle des kamikazes, comme ce typhon, est d’empêcher l’invasion américaine. Mais c’est aussi un moyen de mobiliser les Japonais contre l’ennemi. En effet, des membres du gouvernement sont prêts à négocier la paix avec les Etats-Unis. C’est inconcevable pour Onishi qui a trouvé un bon moyen de continuer la guerre.
 
 
LES NOUVEAUX SAMOURAÏS
 
 
Les kamikazes poursuivent une vieille tradition de mort volontaire, celle des guerriers japonais du Moyen Age, les samouraïs : pour eux, mourir pour leur maître est un honneur. Ainsi, dès l’annonce de la création des « Unités spéciales », les candidatures affluent. À tel point que le nombre de volontaires est supérieur à celui des avions disponibles. La plupart de ces candidats au suicide n’a pas vingt ans.
 
Avant d’embarquer, les pilotes, en compagnie de leur commandant, boivent une dernière coupe de saké, le vin de riz. Les consignes sont très claires : « Il n’est absolument pas question pour vous de rentrer vivants. Votre mission, c’est une mort certaine. Choisissez une mort qui donne le maximum de résultat. » La quantité d’essence dans l’avion des kamikazes ne permet qu’un simple aller en direction de la cible : ils ne peuvent pas rentrer. Avant de piquer sur son objectif, le pilote annonce par radio : « Je plonge… » Ce sont ses derniers mots.
 
 
EFFET DE SURPRISE POUR LES AMÉRICAINS
 
 
Dans un premier temps, les kamikazes sont très efficaces en raison de l’effet de surprise qui joue en leur faveur. En effet, les Américains, lorsqu’ils voient un appareil foncer au ras des flots ou piquer au-dessus d’eux, sont pris au dépourvus : ils ne savent pas comment réagir.
 
Mais rapidement, ils s’habituent à cette nouvelle forme d’attaque et parviennent à se défendre. Si bien que bientôt, une mission sur huit seulement réussit. Néanmoins, les escadrilles-suicides se multiplient. En dix mois, cinq mille kamikazes sont envoyés à la mort.
 
En vain. Les 6 et 9 août 1945, les Etats-Unis larguent la bombe atomique respectivement sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki. Le 15 août, le Japon renonce à continuer à se battre. L’acte de capitulation est signé le 2 septembre 1945 : la Seconde Guerre mondiale est terminée. Le « vent divin » n’a pas stoppé les Américains.
 

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Published by Léon Cahlinel - dans Actu
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