Jeudi 1 janvier 2004
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France 3 a diffusé il y a peu de temps un téléfilm sur la paix de Saint-Germain. L'occasion ici de replonger dans les guerres de religion qui ont ensanglanté la France au XVIe
siècle.
France 3 diffuse samedi 20 décembre 2003 un téléfilm sur la paix de Saint-Germain de 1570 qui mettait fin à la troisième
guerre de religion. L’occasion ici de faire un retour sur les causes, le déroulement et les lendemains de cette guerre.
POURQUOI LES GUERRES DE RELIGION ?
Il faut d’abord rappeler brièvement l’origine des guerres de religion en général. En 1559, Henri II, le roi de France,
signe un traité de paix avec l’Espagne qui met fin à la guerre entre les deux royaumes (traité du Cateau-Cambrésis, avril 1559). La paix est scellée par un mariage entre Elizabeth de Valois, la
fille d’Henri II, et Philippe d’Espagne. Henri II meurt lors d’un tournoi organisé pour fêter le mariage. Son fils, François II, n’a que 15 ans.
L’autorité réelle est dans les mains d’une famille ultra catholique, les Guise, qui interprète à sa manière le
rapprochement avec l’Espagne. En effet, en Espagne est menée une politique ultra catholique contre les juifs, contre les musulmans et contre les protestants. Pour les Guise, c’est l’heure de
passer à une politique de répression contre les huguenots (les protestants français) qui va aboutir aux guerres de religion.
RADICALISATION CATHOLIQUE
Après la deuxième guerre de religion, dont la paix a été signée en 1568, on assiste à une radicalisation catholique.
Cette radicalisation se manifeste de deux manières. D’une part, sur le terrain, les prêtres se lancent dans une prédication enflammée qui anime les passions. L’enseignement en particulier tend à
renforcer idéologiquement le camp catholique. Les collèges de Jésuites se multiplient (les Jésuites forment un ordre issu de la Réforme catholique) : ils sont à Clermont, à Lyon, à
Paris…
D’autre part, Catherine de Médicis mène une politique pro catholique en se rapprochant de Philippe II d’Espagne. Elle lui
propose en effet son soutien dans une affaire concernant des protestants flamands qui s’étaient réfugiés en France : elle les livre au roi d’Espagne. C’est Catherine de Médicis qui est à
l’origine de la troisième guerre de religion.
Elle décide en effet de s’emparer de Coligny et Condé, les chefs protestants. Mais sa tentative échoue : prévenus, Condé
et Coligny se réfugient à La Rochelle et prennent les armes. Catherine de Médicis, revenant sur les édits de pacification précédents, interdit la liberté du culte protestant.
JARNAC ET MONCONTOUR
Ce sont d’abord dans les provinces du Sud et du Centre-Ouest que les troubles reprennent. Les troupes royales, commandées
par le duc d’Anjou, s’opposent aux forces huguenotes à la tête desquelles se trouvent Condé et Coligny.
Deux batailles importantes caractérisent cette guerre. En mars 1569, la bataille de Jarnac voit la mort de Condé. Puis en
octobre de la même année, à Moncontour, les troupes du duc d’Anjou affrontent Coligny. Ces deux batailles, les plus meurtrières des guerres de religion, permettent aux catholiques de prendre
l’avantage.
Coligny réorganise l’armée protestante à partir d’Agen et parvient à reconquérir les places-fortes du Sud-Ouest, si bien
que Paris se trouve menacée. Cette guerre aboutit finalement à un match nul entre les deux camps : la paix s’impose.
UNE PAIX « BOITEUSE ET MAL ASSISE »
La paix est signée le 8 août 1570, à Saint-Germain. Les catholiques sont représentés par le maréchal de Biron, un boiteux
(notons que dans le téléfilm, Biron, incarné par Rufus, ne boite pas). Pour le camp protestant, c’est Henri de Mesmes, sieur de Malassise (incarné par Jean Rochefort), qui doit négocier. Les
contemporains surnomment cette paix la paix « boiteuse et mal assise ».
La paix accorde la liberté de conscience aux protestants et leur liberté de culte d’avant-guerre. Mais surtout, c’est ce
qui est nouveau, quatre places fortes sont accordées aux protestants : La Rochelle, La Charité-sur-Loire, Cognac et Montauban. Cette paix s’inscrit cependant dans un climat d’exaspération
politique, et les tueries vont continuer.
D’une part les idées de penseurs protestants se diffusent, d’autre part, la politique royale suivant la paix de 1570 se
retrouve dans l’impasse. Cela aboutira au massacre de la Saint-Barthélémy dans la nuit du 23 au 24 août 1572 à Paris et ailleurs en France dans les semaines qui suivent.