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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 09:12

Il y a quarante ans, des millions de téléspectateurs assistaient en direct aux premiers pas d'un être humain sur la Lune. Et Neil Armstrong prononçait ces mots devenus célèbres : « C'est un petit pas pour l'homme mais un bond de géant pour l'humanité. » Mais derrière la réalisation de ce rêve, c'est la Guerre froide qui se jouait.

 

Ce 21 juillet 1969 s'accomplissait une étape décisive dans la conquête spatiale. Cette dernière était un prolongement de la Guerre froide. Elle a pris son essor après la Seconde Guerre mondiale grâce aux progrès technologiques réalisés à la période précédente, par les Allemands notamment  - pensons aux fusées V1 et V2 d'Hitler qui ont servi à bombarder Londres.

 

 

Un contexte de Guerre froide

 

 

Dans un monde devenu bipolaire avec l'entrée dans la Guerre froide, l'affrontement entre Etats-Unis et Union soviétique s'exprime aussi sur ce terrain. Et à la fin des années 1950, ce sont les Soviétiques qui sont en avance : ils parviennent à envoyer le premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, le 4 octobre 1957, étalant ainsi devant les Américains la fiabilité et la puissance de leurs fusées.

 

Face à ce retard, les Etats-Unis réagissent. Dès 1958 est fondée la National Aeronautics and Space Administration, la NASA. L'enseignement scientifique est rénové. En 1959, John Glenn est le premier Américain à voyager dans l'espace. Puis le programme Gemini consiste en des vols en équipage. Rapidement, la Lune devient l'objet de la rivalité entre les deux puissances. Le 25 mai 1961, le président américain John Fitzgerald Kennedy annonce qu'avant la fin de la décennie, l'Amérique enverra un homme sur la Lune.

 

Pour cela, un nouveau programme est lancé, dès 1960 : Apollo. Il connaît des échecs comme la mort tragique des trois astronautes d'Apollo 1 Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee : lors d'un exercice au sol en janvier 1967, un court-circuit déclencha un incendie dans la capsule qui était entièrement remplie d'oxygène pur. Les trois hommes périrent carbonisés en une dizaine de secondes... Ce terrible accident contraignit les équipes à revoir de fond en comble le programme Apollo.

 

Celui-ci consiste d'abord en un gigantesque lanceur, Saturn V, haut de trente-six étages, qui doit être capable de propulser les astronautes et leurs vaisseaux en dehors de l'atmosphère. Au sommet de cette fusée sont placés le module lunaire - le LEM, Lunar excursion module - qui doit atterrir sur la Lune, le module de commande, qui est l'endroit où doivent séjourner les astronautes, et le module de service qui rassemble les réservoirs d'oxygène, d'eau et les moteurs.

 

Le programme Apollo se poursuit par des succès : en octobre 1968, le premier vol habité Apollo 7 emmène trois astronautes ; en décembre, Apollo 8 se place en orbite autour de la Lune ; en mars 1969, Apollo 9 fait voler autour de la Terre le module lunaire ; Apollo 10 offre l'occasion de faire se déplacer le LEM autour de la Lune. Toutes ces missions ont pour but de diminuer les risques lors du vol Apollo 11.

 

 

« Un pas de géant pour l'humanité » (N. Armstrong)

 

 

Le 16 juillet 1969, le décollage a lieu à Cap Canaveral, en Floride : Saturn V emmène Neil Armstrong, Edwin Buzz Aldrin et Michael Collins, installés tous les trois dans le module de commandes. Une fois dans l'espace, une première étape, cruciale, doit être franchie : le module de commandes doit s'arrimer au LEM : s'il n'y parvient pas, aucune mission sur la Lune n'est possible. L'étape franchie, commencent alors quatre jours de vol en direction du satellite naturel de la Terre...

 

Le 20 juillet au soir, les trois astronautes entrent en orbite autour de la Lune. Armstrong et Aldrin rejoignent le LEM, baptisé Eagle - « Aigle », en anglais -, qui se sépare ensuite du module de commandes, piloté par Collins. Les deux hommes doivent faire extrêmement attention à leurs gestes car les parois d'Eagle, à certains endroits, ne sont pas plus épaisses que deux feuilles d'aluminium superposées.

 

Mais pendant la descente vers la Lune, à deux reprises, l'ordinateur d'Eagle s'interrompt brusquement, avant de redémarrer : ces bugs s'expliquent par le trop grand nombre d'informations qu'il recevait... La descente vers la Lune se termine en mode manuel, grâce au très grand sang-froid d'Armstrong : le site prévu pour l'alunissage étant trop accidenté, les astronautes décident de changer d'endroit. Le LEM se pose finalement sur la Mer de la Tranquillité. La situation est critique cependant : du fait du retard accumulé pour l'alunissage, il ne reste que seize secondes de carburant pour le décollage...

 

Le 21 juillet, vers trois heures du matin et sous les yeux d'un demi-milliard de personnes à travers le monde qui se sont rassemblées devant les télévisions, Neil Armstrong devient le premier être humain à fouler le sol lunaire, en prononçant ces mots devenus célèbres : « It's one small step for man, but a giant leap for mankind. » (« C'est un petit pas pour l'homme mais un pas de géant pour l'humanité »). Aldrin le suit. Le drapeau américain est planté. Pendant deux heures trente, les deux hommes récoltent un peu plus de vingt kilogrammes d'échantillons lunaires et posent des instruments de mesure. Puis ils regagnent Eagle et quittent la Lune.

 

Le LEM revient s'arrimer au module de commandes qui vole de retour vers la Terre. Le 24 juillet, le module de commandes s'étant séparé du LEM et du module de service, pénètre dans l'atmosphère. Cette opération est également très délicate. En effet, si l'angle d'entrée est trop plat, le module risque de rebondir en dehors de l'atmosphère. Au contraire, s'il est trop prononcé, le vaisseau peut se désintégrer en brûlant dans l'atmosphère. Mais le retour se passe bien, les trois parachutes s'ouvrent dans le ciel et la capsule plonge dans l'océan Pacifique. Les trois hommes sont recueillis par le porte-avion Hornet.

 

La mission Apollo 11 est une réussite : les Américains ont devancé les Soviétiques qui n'ont réussi qu'à faire voler une sonde autour de la Lune avant qu'elle ne s'écrase le 21 juillet. L'URSS a donc pris un retard considérable dans la course à la Lune. Et la Guerre froide dans l'espace prend ainsi une nouvelle tournure.

 

Les Etats-Unis sont alors à la pointe du progrès technologique et aéronautique, dans lesquels ils ont effectivement accompli un grand bond en avant. Ce sont les satellites de la NASA qui ont permis de retransmettre, dans le monde entier, les images d'Armstrong et d'Aldrin sur la Lune. Cinq missions sur la Lune vont suivre : Apollo 12, 14, 15, 16 et 17. Au total, ce sont douze hommes qui auront marché sur la Lune.

 

 

 

 

 

Aller plus loin :

CLERC, Jean-Pierre et IORCÈTE, Paul , Le Duel USA-URSS dans l'espace, Paris, Autrement, 1986.

DÉGA, Jean-Louis, La Conquête spatiale, Paris, Presses universitaires de France, 1994.

PORTES, Jacques, « On a marché sur la Lune », in Les Collections de l'Histoire, février 2000, n° 7, pp.72-73.

 

 

 

Illustrations de l'article ici, ici, ici et ici.

 

 

 

 

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Published by Léon Cahlinel - dans Actu
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