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Cellini a livré une autre sculpture maniériste à François Ier, une Nymphe destinée Ã
glorifier le monarque. Sans oublier ses touches maniéristes.
La Nymphe de Fontainebleau, est, comme la salière de François Ier, une œuvre maniériste de la période « française » de Cellini, lorsque ce dernier travaillait à la cour du roi de France. Et comme la salière, la Nymphe consiste en une allégorie.
Ce bronze exécuté vers 1542 mesure 4,20 mètres de large pour une hauteur de 2,05 mètres. Il a été commandé par la maîtresse de François Ier, madame d'Étampes.
L'ensemble a la forme d'un demi-cercle que surmonte une tête de cerf dont les bois se détachent de l'œuvre. Une femme couchée est représentée le bras droit appuyé sur le cou du cerf qui porte aussi une couronne de fruits. Autour de la figure centrale est représenté tout un décor champêtre : des chevreuils, un faon s'abreuvant à un point d'eau, des sangliers, des chiens de chasse, des arbres. Si la femme et le cerf sont exécutés en fort relief, le reste des figures sont en méplat, c'est-à -dire que le relief est beaucoup moins prononcé.
Tous ces éléments procurent un style rustique à l'œuvre qui fait preuve de beaucoup de réalisme : les animaux, et en particulier leur pelage, les mains, les ongles, le cou de la nymphe sont très travaillés. Le maniérisme, discret, se voit d'abord à la forme ondulée que dessine le corps de la nymphe, comme un S grossier : elle évoque les formes serpentines propres au maniérisme.
Une contorsion impossible de la jambe trahit aussi la touche maniériste de l'œuvre un mouvement impossible est dessiné par le membre inférieur gauche de la nymphe : tandis que la jambe est représentée de profil, le pied, lui, est figuré de face. Dans la réalité, cela est impossible.
Comme pour la salière, cette œuvre est une allégorie visant à magnifier le pouvoir royal. Le cerf représente la prudence, l'agilité, la finesse des sens et il est aussi le roi des animaux de la forêt française. Le pouvoir de François Ier est donc magnifié. Enfin, le cerf domine, par sa position, la belle nymphe : il rappelle ainsi que François Ier règne aussi sur la beauté et sur le cœur de sa maîtresse, madame d'Étampes, à qui était destinée l'œuvre...